Splat n’est pas un mauvais album — c’est pire que ça : c’est un album correct, honnête, appliqué… mais qui ne parvient jamais à te empêcher de regarder ta montre. Le genre de disque où tu te surprends à penser à ta liste de courses pendant un solo de guitare pourtant très bien exécuté.
C’est là que réside le paradoxe cruel de l’album.
Le son est nickel, fidèle à ce que Deep Purple sait faire :
orgue Hammond qui ronronne comme un chat antique,
guitare propre, précise, presque trop sage,
batterie carrée, sans bavure,
production solide, sans excès.
Tout est bien, trop bien peut‑être.
On dirait un groupe qui coche des cases : “solo”, “pont”, “montée”, “final”.
Une démonstration technique qui manque d’une chose essentielle : l’urgence, la folie, le frisson.
Tu ne détestes pas l’album.
Tu ne le trouves pas mauvais.
Tu t’ennuies.
Et c’est probablement la pire critique qu’on puisse faire à un disque de rock.
Tu écoutes, tu attends que quelque chose se passe…
Et rien.
Pas de moment où tu te redresses, pas de riff qui te surprend, pas de mélodie qui te happe.
Juste une succession de morceaux qui semblent dire :
“Regarde comme nous jouons bien.”
Oui, vous jouez bien.
Mais je m’endors.