Pas de préambule, pas de faux-semblants : Avec Steep Stims, Clark livre l’un de ses projets les plus frontaux et assumés de ces dernières années. Ici, pas de détour narratif ni d’enrobage atmosphérique superflu : tout est pensé pour l’impact immédiat. Les rythmiques sont martelées, les synthés saturés jusqu’au point de rupture, et la tension ne retombe quasiment jamais.
La grande force de l’EP réside dans son sound design, une fois encore impressionnant. Clark excelle dans cet art de transformer la distorsion, la compression et la répétition en un langage expressif. Chaque morceau fonctionne comme une montée de pression continue, avec un sens du détail qui empêche la brutalité de devenir monotone.
Contrairement à d’autres projets plus conceptuels ou émotionnels de sa discographie (Sus Dog, Kiri Variations), Steep Stims s’inscrit dans une logique presque corporelle : c’est une musique qui s’écoute avec le corps avant l’esprit, pensée pour l’énergie, le mouvement et la tension physique. Le format court joue en sa faveur, évitant toute dilution et renforçant l’efficacité globale.
Certes, l’EP ne cherche ni la surprise mélodique ni la profondeur introspective, mais ce serait passer à côté de son intention. Steep Stims est un disque radical, cohérent et parfaitement maîtrisé, qui rappelle à quel point Clark reste l’un des producteurs les plus percutants lorsqu’il choisit la voie de la confrontation sonore.
Un uppercut électronique net et précis, qui justifie pleinement son 8/10.
Si vous n'avez que 3 morceaux à écouter : « Gift and Wound », « Janus Modal », et « Blowtorch Thimble ».