Parmi les disque que j'ai retrouvé chez mes parents, j'étais super content de retrouver Super Discount d'Etienne de Crecy. Vers le mois de Janvier/Février, j'adore écouter ce genre d'album de la French Touch, qui m'apporte une sorte de réconfort hivernal.
Je ne sais pas par quelle magie, durant toute cette période de naissance de l'électro et de la French Touch où ils ont réussi à faire de la musique qui soit à la fois dansante (avec des beats électro) et extrêmement chill, avec un côté un peu hypnotisant (en même temps les morceaux font bien 8 minutes.)
Pour le coup, l'album est présenté comme un collectif, puisque Étienne de Crecy s'entoure de plusieurs artistes, même si on va pas se mentir, c'est essentiellement un album d'Étienne de Crecy. D'ailleurs, en vérifiant sur Google, certains noms (Minos, Mooloodjee) renvoient tout simplement.... au nom d'Étienne de Crecy lui-même. On a tout de même du Cassius (sous le nom "La Chatte Rouge") et du Alex Gopher, soit vraiment les artistes très présent dans la French Touch de l'époque. On a bien entendu Air dont le morceau utilise la ligne mélodique des morceaux "Les Professionnels" et "All I Need". Pour le coup, je l'excuse d'autant plus que
30 ans plus tard ça donne un côté bien plus nostalgique et encré dans son temps à l'album.
Il y a déjà une grande variété dans les samples que les internautes auront mis des années à retrouver l'origine. Ça va puiser dans le funk (earth wind and fire, Isaac Eyes) dans le disco (on reconnait Indeep et Last Night the DJ Save my life) dans le jazz, la musique classique, est c'est ptet pour ça qu'il y a ce côté "chill et dansant" de l'album. En vrai l'album offre un bon mélange entre la house et le downtempo.
C'était pas gagné pour que j'aime ça : je me souviens de l'époque où j'étais chez ma grand mère et où j'étais tombé sur le clip de "Le Patron est devenu fou" et que je me disais "mais c'est quoi cette merde ? Il y a rien dans le clip et la musique c'est toujours la même chose." Alors que des années après, je kiffe autant le réécouter en boucle et le premier morceau avec son sample de guitare en intro et le sample d'Isaac Eyes qui donne l'impression d'avoir une sirène de pompier. C'est le genre d'album que j'écoute pour me retrouver dans un cocon ou pour me tenir éveiller lors des derniers kilomètres sur la route (sans être énervé pour autant.)
Et puis, dans le charme de l'album il y a ces samples non-musicaux qui semblent avoir été pris dans des séries américaines doublées en VF. Une bizarrerie qui, avec les titres des morceaux ("Tout à 10 balles" , "Destockage massif" "Prix Choc") augmente la singularité du disque. A force de les écouter, j'avais envie de savoir d'où elles venaient. Par exemple, je voulais savoir pourquoi une femme dit qu'elle ne raconte pas des histoires de fous, et pourquoi si c'est un requin "il doit avoir de bonnes dents."
Pendant longtemps, il n'y avait aucune piste possible pour savoir, mais je me suis rendu compte en écrivant cette critique, qu'elles étaient disponibles sur "Who Sampled" et dans l'excellent article wikipédia consacré à cet album. Un mystère résolu sans que j'ai eu à le faire. (Et le passage en question vient d'un épisode des Contes de la Crypte.)
Bon, en matière de "mélange de chill et de groovy", De Crecy va faire encore mieux avec son prochain album, Tempovision, mais ici on a tous les éléments qui vont faire la coolitude du genre.