Parfois, mais rarement, nous parvient, par delà le bruit moderne, une voix humaine et juste humaine. On avait catalogué le barde baba et angélique : niais et fini. Il revient pourtant avec les mêmes chansons qu'un souffle fait vaciller, avec les mêmes mots qui devraient faire rire... mais l'absence, l'âge ont subtilement changé les images convenues, comme chargées aujourd'hui de tout le poids de l'abandon et de la résurrection. L'envol sent l'effort et la détermination qu'il faut pour vieillir en regardant droit devant soit. Cela s'appelle l'aurore : une surprise divine, un moment inspiré, un enthousiasme humble. [Critique écrite en 1996]