Le jour où il est sorti, je n'étais pas au courant.
Le jour où je l'ai écouté, je n'ai pas trouvé les mots.
Pourtant il fallait bien que j'en parle, et aujourd'hui je peux le dire :
I love you, Susanne
Pourtant, comme ça a priori, on se dit qu'enregistrer un album de synthpop en 2015 et l'appeler Ten Love Songs, ça ne peut être au mieux qu'une grosse blague, et encore, pas sûr que ça fasse rire grand monde.
Mais c'est sans compter sur la subtilité des arrangements, usant et abusant certes d'effets de claviers dignes d'une compilation "Greatest Hits of the 80s" mais se révélant au final d'une grande subtilité, n'hésitant pas à recourir à de nombreuses pistes simultanées pour produire l'effet désiré. L'intro de Delicious par exemple fait monter puis redescendre la tension avec une précision toute scandinave.
C'est sans compter sur le songwriting. Les paroles trouvent les mots justes et suivent des thèmes simples mais universels. Susanne Sundfør voulait à la base écrire un album sur la violence, et s'est finalement retrouvée avec ces 10 chansons qui parlent d'amour, sans détours, désarmantes.
C'est sans compter surtout sur la fabuleuse voix de Susanne Sundfør... Si celle-ci rappelle à première écoute d'autres chanteuses en vogue (Lana del Rey notamment) elle se révèle très vite comme l'élément central de cet album. Un chant de sirène parfaitement maitrisé jusque dans les nuances les plus fines, et inexplicablement séducteur...
Ajoutez à ça des compositions plutôt simples (si on excepte Memorial longue de 10 minutes et son pont instrumental composé avec l'aide d'Anthony Gonzalez de M83, mais je trouve qu'ils s'y perdent un petit peu) mais qui conduisent toujours au pont, au refrain qui fait mouche et provoque un délicieux frisson (Ah Kamikaze), et vous avez certainement un des disques de l'année (et qu'importe s'il est déjà sorti il y a 8 mois, il n'est pas trop tard !).
Alors laissez-vous surprendre par de la synthpop, qui sait, peut-être tomberez-vous amoureux !