Clifford Brown était un fabuleux trompettiste mais sa mort à 25 ans dans un accident de la route a brisé nette sa carrière et il ne laisse qu’une discographie réduite. « The Beginning and the End » n’est pas un album mais une compilation de Clifford Brown parue en 1973 chez Columbia. L'album s'ouvre avec deux morceaux que Clifford Brown a enregistrés avec Blue Flames de Chris Powell en 1952, et se termine avec des enregistrements d'une session tenue au Music City Club de Philadelphie en 1956. Selon les notes de pochette, il s'agit des « premières et dernières performances enregistrées de l'un des plus grands solistes de l'histoire du jazz ». Selon la biographie de Clifford Brown par Nick Catalano, la session du Music City Club aurait pu avoir lieu le 31 mai 1955 mais c’est là un détail. Sa carrière professionnelle a vraiment commencé en 1949 mais un 1er accident de la route l’oblige à la stopper pendant un an et demi. Revenu au 1er plan en 52, il enchaîne les enregistrements avec Bud Powell, Dinah Washington et surtout Lionel Hampton avec lequel il tourne en 53 en Europe, il finit viré de l’orchestre. Il est alors engagé par Art Blakey dans ses Jazz Messengers. Mais c’est surtout son alliance avec Max Roach qui va faire des étincelles. Ils vont former ensemble le fameux quintet dont font aussi partie Teddy Edwards puis Harold Land et enfin Sonny Rollins aux saxophones, Carl Perkins puis Richie Powell (frère de Bud Powell) au piano, et George Bledsoe puis George Morrow à la basse. Ses enregistrements avec Sarah Vaughan et Helen Merrill sont devenus à juste titre légendaires. C’est avec des musiciens locaux qu’il réalise une dernière jam session au Music City Club, à Philadelphie, le 25 juin 1956 (morceaux 3 à 5 de cette compilation : « Walkin’ », « A Night in Tunisia » et « Donna Lee ») et c’est en en revenant qu’il a un nouvel accident de voiture, mortel celui-ci. Ce musicien malgré une carrière très courte a inspiré de nombreux trompettistes comme Freddie Hubbard, Lee Morgan ou Wynton Marsalis. Il ne reste que peu de traces de ses enregistrements en leader, raison de plus pour apprécier cette compilation, courte (34 mn) mais délectable.

JOE-ROBERTS
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le 20 févr. 2025

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