Dès la première seconde de The mother we share premier morceau du premier album de Chvrches, on est envahi par une crise de jeunisme sans équivalent. Un sentiment d'innocence jamais remis en cause par la troublante apparence angélique de Lauren Mayberry dont le point fort est incontestablement cette voix désespérément pure et son léger accent scottish qui résonne sous un déluge de synthétiseurs.
Le groupe de Glasgow attire notre attention avec un truc vieux comme le monde : deux vétérans de la prolifique scène indépendante de la ville (The Twilight Sad, Aereogramme) s'associent avec une chanteuse charismatique pour révolutionner l'Electro-pop. Une démarche déjà bien rodée par Metric, Garbage et toute la scène Synthpop de Grande Bretagne de 1982 à nos jours. Le disque confirme en tout cas que le mariage de l'Indie Pop et de la Dance Music, amorcé avec M83 et Passion Pit, est maintenant consacré.
Il n'y a pas grand chose de plus épique sur le disque que la montée de Tether si ce n'est peut-être l'exubérance club de Science/Visions. On peut aussi rajouter une poignée de tubes imparables (Gun, Lies, Recover) qui mériterait sûrement plus qu'une simple mention. The Bones of What You Believe est un recueil d'hymnes à l'instant présent qui semblent avoir été enregistrés dans une urgence jamais feinte. On aime sûrement plus que de raison mais que voulez-vous avec ces gens-là on ne pense pas, on danse.