En concert, les premières notes de la chanson The Boy With the Arab Strap, donnent le signal : le public sera invité à monter sur scène. Car The Belle & Sebastian est un groupe généreux qui aime partager avec son public jusqu'à fusionner et danser avec lui. L'écriture de Stuart Murdoch est tout aussi généreuse et attentionnée lorsqu'elle s'attache à décrire les personnes affectées par les accidents de la vie. La tristesse, la détresse, le deuil, la frustration et l'ennui des êtres sont contrebalancés par de riches mélodies en guise de réconfort ou de remède. Et puis il y a cette curiosité chantée par le guitariste Stevie Jackson : Seymour Stein qui rend presque hommage au fondateur du label Sire Records mais c'est davantage une anecdote relatée, un rendez-vous manqué avec une promesse de succès (différé) aux États-Unis. Ainsi s'envole les rêves lorsque l'avion décolle sur cette fin de face A marquée par une douceur constante et maintenue par les trois voix au chant (Stuart, Isobel et Stevie). Sur la face B, le temps de deux titres et demi on passe en mode majeur, on tente quelques pas de swing car le rythme s'accélère et les textes virent à l'autodérision. On est contaminé par l'ivresse induite par le tempo. Mais la douceur prend toujours le dessus. Et c'est tout aussi plaisant.
"I'm lucky, I can open the door and I can walk down the street / Unlucky I've got no place to go so I follow my feet". Et si on réécoutait Dirty Dream Number Two ?