Wes Montgomery – The Complete Full House Recordings – (RE-2023)
Tout le monde a entendu parler du fabuleux Wes Montgomery, l’un des guitaristes majeurs de l’histoire du jazz. Il se trouve que, pour la première fois, on peut entendre le légendaire « Full House Recordings » en version complète. Alors que Wes jouait dans de nombreux clubs pour arrondir ses fins de mois et courait le cachet, afin de compléter son salaire de soudeur, métier qu’il pratiquait le jour. Il existe très peu d’enregistrements en live de ses prestations, c’est pourquoi cette « complète » est une rareté.
Il y a une petite polémique sur la version vinyle qui n’obéirait pas au cahier des charges annoncé, le son n’étant pas au niveau, particulièrement dans les graves, bah la version Cd fera l’affaire car un tel album de Wes est une opportunité à ne pas snober, et il est, en cette année soixante-deux, au tout meilleur de sa forme, les albums « Riverside » correspondent à ce qui est souvent décrit comme l’apogée de sa carrière.
Wes Montgomery a développé une technique particulière et personnelle concernant l'usage du pouce de la main droite au toucher extrêmement léger. Il l’utilisait dans les deux sens, vers le haut ou le bas, avec une dextérité et une vélocité extraordinaire. C’est à la demande de son épouse qui ne voulait pas que les enfants se réveillent, qu’il a mis au point cette étonnante innovation.
En cette année soixante-deux, Wes apprit que Johnny Griffin et la rythmique de Miles Davis était dans le coin, il prévint aussitôt son producteur Orrin Keepnews qui organisa aussitôt un concert au « Tsubo » de Berkeley, le vingt-cinq juin, normalement jour de relâche. Et bien ce soir-là on refusa du monde, le public s’installa même devant le club pour écouter ce qui s’en échappait.
Johnny Griffin était au ténor, Wynton Kelly au piano, Paul Chambers à la basse et Jimmy Cobb à la batterie et, bien sûr, Wes à la guitare. Les notes de pochette indiquent que la première version de « Full House » qui ouvre l’album est celle de l’album original. Il en est présenté une seconde au début du second Cd qui est celle qui a été vraiment jouée ce soir-là, la première version étant un mélange de deux autres comprenant un solo incorporé au montage. Cette version bonus est absolument inédite.
Ainsi tout est bien indiqué, on navigue entre « album version » sur le Cd un, et alternate takes ou outtakes sur le Cd deux. Ainsi tout ce qui est connu est regroupé sur ce double Cd bien rempli, au point que le second est plus tassé que le premier ! C’est évidemment un pur régal qui réjouira les amateurs du guitariste ou plus simplement ceux qui aiment la guitare jazz, car on s’y régale vraiment.
Montgomery, malgré sa vie compliquée, jouit en effet d’une très grande réputation, que ce soit auprès du public ou des musiciens professionnels et même des journalistes et du milieu du jazz en général. Tout ici se passe au mieux et chaque pièce ajoute à la précédente, faisant de cet enregistrement un ravissement, et comme il est à son zénith ou pas loin…