Avec The Flower Lane, Ducktails troque le flou lo-fi de ses débuts contre une pop douce et raffinée, clairement nourrie par les années 80. On pense à la cool sophistication de Steely Dan, aux synthés soyeux façon Prefab Sprout, ou encore aux guitares claires à la Johnny Marr. L’ensemble baigne dans une esthétique rétro assumée, sans pour autant virer à la copie nostalgique.
C’est un album qui charme par ses textures : claviers moelleux, guitares jazzy, nappes pastel. Matt Mondanile réussit à convoquer une époque sans en faire un exercice de style creux. “Letter of Intent” ou “Under Cover” rappellent les grooves doux d’une FM pop oubliée, avec un soupçon d’ironie discrète.
Mais si l’atmosphère est réussie, l’ensemble peut parfois sembler trop uniforme. L’envie de recréer un univers 80s “idéalisé” se fait parfois au détriment de la surprise ou de la profondeur émotionnelle. C’est agréable, mais un peu trop sage.
En résumé, The Flower Lane est une bulle rétro bien produite, qui évoque les 80s avec tendresse et style. Une expérience sonore plaisante, même si elle manque parfois de mordant. Une bonne écoute, sans être un coup de foudre — d’où mon 7/10.