Cet album est une version parallèle de notre monde: Manson le tueur est mort, et Marilyn la belle est plus vivante que jamais: voilà comment on pourrait résumer cet opus: le révérend a abandonné son côté provocateur, à la fois cible et terreur des parents, de la bonne pensée, et plus généralement de l'Amérique, pour faire place à la starlette pimpante: Charles est parti, reste Miss Monroe.
Cet album est déprimant car il est pour moi le chant du cygne d'une icône de la résistance culturelle: Marilyn Manson a abandonné le côté malsain et provocateur qui faisait son intérêt: il est devenu un enfant sage. Lui qui de métal était passé à Shock Rock avec le déconcertant et décevant mais intéressant Eat Me Drink Me a carrément perdu le "Shock": musicalement il verse à présent, a l'exception de trois titres dans une espèce de rock presque pop et mélancolique, dans la lancée d'Eat Me Drink Me mais sans son âme...
On sent la fin sur cet album (comme l'indique le titre ?): Manson est au bout du rouleau: plus la force de critiquer, de composer, ni même d'imaginer: alors que chaque album était une merveille d'inventivité, aussi bien musicale que visuelle, Manson nous contant un nouveau monde tel un reflet chaque fois différent de sa personnalité (ou plutôt un reflet d'une personnalité chaque fois différente ?) à chaque opus, celui-ci se borne à nous montrer une chambre de fort mauvais goût, image sans doute de dépression, d'alcoolisme et de désespoir...
Triste nouvelle...