On pourrait être déçu par le retour de Blur avec un album... finalement assez banal, comme si ça n'était qu'une petite récréation, un truc qu'ils auraient pu sortir entre Blur et 13. Mais c'est justement la beauté de ce disque. Ca n'est pas "le retour de Blur", c'est juste un heureux accident. Une suite de circonstances qui fait que Blur a fini par sortir un album au lieu de se confondre en déclarations floues. The Magic Whip est déjà magique par le simple fait qu'il existe. C'est du bonus. Ces 4 gars auraient pu continuer à faire des trucs chacun dans leur coin, et laisser Think Tank être leur épitaphe mais ils arrivent à se retrouver, et à compiler ces titres qui ne sont pas leurs meilleurs mais dont aucun ne fait honte à leur héritage, qui sont là, qui sont bien produits, qui rappellent un peu Parklife, un peu Think Tank, un peu les projets solo de Damon Albarn... C'est un album de Blur qu'il ne faut pas du tout prendre comme un événement, comme le grand retour, le chef d'oeuvre annoncé. Faites comme s'ils ne s'étaient jamais séparés, et qu'un jour, coincés à Hong Kong, ils avaient juste décidé de tuer le temps en sortant ces chansons, qu'ils avaient laissées de côté jusqu'à ce que Graham Coxon ne les reprenne en main. Oubliez la légende, oubliez le piédestal. C'est juste un groupe. C'est ça la magie de The Magic Whip. Appréciez les chansons pour ce qu'elles sont, prenez votre pied cet été en les écoutant en live, et dites vous que c'est peut-être à nouveau la fin.