The Seer
7.8
The Seer

Album de Swans (2012)

Critique rédigée juste après l'unique écoute-découverte que j'ai eu de l'album (version vinyle).

Stores baissés, le volume poussé au maximum, je m'isole pour quelques temps maintenant. Et pendant les deux prochaines heures je me laisse aller, brisant ma torpeur estivale.
Cette préparation n'aura pas été vaine car si j'avais un peu peur en voyant la gueule de texan de Michael Gira et son message le positionnant comme sur un front anti-piratage (bien que ses raisons soient louables) le résultat est grandiloquent. Puissance, mélodies, bruit, cette odyssée musicale emporte pour un couple d'heures son auditeur vers de noires contrées où l'on peut aussi dire adieu à l'ennui. En effet, malgré les changement récurrents de face, les phases répétitives (qu'elles se rapprochent de la musique minimaliste ou du drone) la lassitude est inexistante et ce grâce en partie à des changement d'ambiance qui font passer l'auditeur d'un post-rock bruitiste à un autre plus mélodique, presque folk, ainsi que par la surprise soudaine, vers le milieu de l'album, d'une voix féminine, dans cet amas de sang et de sueur. J'ai eu l'impression de découvrir de nouveaux sons, Michael Gira sachant ne pas ouvrir sa bouche à outrance, et laissant suffisamment parler la musique et toute son efficacité communicative transmettant ainsi la folie infinie, condamnant son destinateur au déraisonnement. La sueur et la fatigue sont là à la fin de l'écoute.
Les morceaux s'enchaînent et si le renversement des disques en plein milieu d'un morceau est parfois gênant et le coupe dans son élan (la divergence d'ordre des pistes par rapport à la version CD n'a pas l'air d'améliorer - ni de détériorer non plus - la chose). Mendelson avait par exemple palié à ce problème en mettant son titre fleuve Les Heures sur un disque compact tandis que Robert Rich avait choisi le format du DVD pour Somnium.
Ce vertigineux trou noir musical n'est peut-être pas à placer entre toutes les mains, mais l'on ne pourra se retenir de le conseiller à un auditoire courageux.

“Then begin again…”
CORPS-ANTI
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs albums de 2012 et Record Story\/Mes Vinyles

Créée

le 14 juil. 2014

Critique lue 455 fois

CORPS-ANTI

Écrit par

Critique lue 455 fois

7
5

D'autres avis sur The Seer

The Seer

The Seer

10

SuperWood_Boy

38 critiques

Du respect des ainés.

30 ans. 3 décennies. Ca fait une belle longévité quand même, quand on y pense. Et difficile de peser toujours comme au premier jour en ayant déroulé autant, en particulier dans le monde...

le 26 juin 2013

The Seer

The Seer

9

TWazoo

477 critiques

SWANS ARE NOT DEAD

"C'est comme si tu martelais quelque chose, et que la manière dont cela saigne te guidait vers une nouvelle direction." C'est ce que répond Michael Gira, cœur - battant et fumant - des Swans, en...

le 3 oct. 2013

The Seer

The Seer

10

JanosValuska

2964 critiques

Chronique d'un uppercut.

Concert Le Trabendo - 19/11/2012. Fin de la première partie. Le temps de sortir fumer une cigarette. Franck est toujours introuvable. Une légère appréhension quant à mes capacités d’encaissement...

le 8 janv. 2014

Du même critique

La Planète des singes

La Planète des singes

9

CORPS-ANTI

30 critiques

« Mais c'est un monde de fous ! Un monde de fous ! »

L'intrigue d'une grosse moitié du film est ici dévoilée. Étant de la génération 2000' j'avais d'abord pu profiter du remake de Tim Burton que je n'avais pas trouvé en soi mauvais et, il me semble,...

le 6 nov. 2012

Flight

Flight

7

CORPS-ANTI

30 critiques

Atterrissage réussi! (bon d'accord, c'était facile)

À la manière d'un The Descendants en 2012, Flight permet de bien commencer cette année 2013 avec un film dramatique correctement servi. Oui, sauf qu'ici le réalisateur est confirmé et contrairement à...

le 7 janv. 2013

Love Steaks

Love Steaks

7

CORPS-ANTI

30 critiques

Tré bi1

Introduction à un tout nouveau style mumblecore, Love Steaks est le premier long-métrage de l'allemand Jakob Lass, filmé dans un véritable hôtel, fourni de son personnel le plus non-professionnel...

le 14 nov. 2014