Peut-on se rapprocher de ses modèles quand on est musicien ? Bien entendu, quand on a le talent pour et une vraie singularité pour ne pas tomber dans l’imitation stérile. C’est le cas de Raphael Saadiq en 2008, qui signait là un 3e album de grande classe. Le carton a été total et mérité. Il n’est pas seulement passionné par les immenses artistes de soul des sixties et seventies et leurs chansons mais aussi par leurs techniques d’enregistrement pour en retrouver le son unique. Saadiq connait ses classiques sur le bout des doigts et il est clairement plus inspiré par la Motown que par Stax, on retrouve même des touches à plusieurs reprises de « Philly Sound ». Il s’agit donc d’une soul plus moelleuse, romantique et mélodique que rentre-dedans et funky, avec des arrangements très travaillés et soignés. Et en l’entendant, on ne peut s’empêcher de penser à Smokey Robinson, Al Green, Marvin Gaye ou encore Stevie Wonder (« Staying in love » par exemple), toutes ces références sont revendiquées. Et justement, Stevie est présent avec son harmonica magique sur « Never give you up », grande classe ! Niveau invités, Joss Stone est là pour « Just one kiss », Saadiq avait d’ailleurs produit son 1er album. Je passe par contre sur le remix rap final de Jay-Z de « Oh Girl » comme bonus (je n’aime pas le rap). Cet album a mis du temps à décoller dans les classements, en particulier aux États-Unis mais il a fini par y devenir un gros succès. En Europe, « The way I see it » a aussi très bien marché.