La curemania était une chose qui m'énervait quelquefois et me faisait rebuter The Cure pendant un temps. Je n'avais rien contre le groupe mais un certain mépris envers des fans se croyant comme au sommet d'un caveau, nous regardant de haut ou bien restant hermétiques face à des incultes à leurs yeux (mais pourtant curieux pour certains) et qui ne comprenaient rien à leur cimetière secret.
En lisant un hors série de Rock&Folk montrant un historique de disques recommandés depuis la parution du magazine, je tombe sur une colonne parlant du tout premier album de The Cure avec les trois objets ménagers sur la pochette en fond rose donnant un attrait plutôt humoristique. Un cousin fan du groupe m'avait fait écouter "10:15 Saturday Night" quelques temps avant et cette chanson minimaliste m'avait assez plu. Du coup, l'album s'est vite trouvé dans la discothèque. Un album des tréfonds du passé de The Cure où on sent les cendres du punk se refroidir à l'entente des sons agressifs mais enroués de la guitare de Robert Smith. La basse de Michael Dempsey est le poul de ce disque, approfondissant le sentiment de spleen parfois par des plaintes métalliques ("Foxy Lady") ou d'une humeur intrigante ("Subway Song").
Three Imaginary Boys sonne comme une musique punk anorexique presque consise et squelettique où quelques nerfs subsistent néanmoins ("Object", "So What"), donnant des moments d'épaisseur au disque.