Même année que le précédent, mais carrément autre ambiance : là où "Lou Reed" était un album sans grand intérêt, ni cohérence, "Transformer" est un véritable chef-d'oeuvre. Faut-il y voir la patte de David Bowie ? Ou tout simplement, le génie de Lou Reed ? Car les années 70 offriront à l'ex-leader du VU plusieurs grands albums : je pense, notamment, à Coney Island Baby et surtout, surtout, à Berlin.
L'album a l'immense mérite d'être agréable et cohérent du début à la fin : même les titres les plus faiblards (Hangin' Round, Wagon Wheel, I'm so free) se laissent écouter avec plaisir.
Pour le reste, l'instrumentation est pas mal portée sur les cuivres (Goodnight Ladies, notamment) et les basses (Walk on the Wild Side)
Côté paroles, Lou Reed rend hommage à la nuit surtout quand elle est sauvage.
Côté des meilleurs titres : Si Vicious n'est pas renversant mais plaisant, Andy's Chest est de bien meilleure facture. Perfect Day est grandiloquent à souhait, mais ça passe plus que bien. Make Up et Goodnight Ladies ont une ambiance sonore assez cuivrée, ce qui donne une coloration bien particulière à l'album.
Mais les deux sommets de ce dernier sont clairement et sans surprise :
- Walk on the Wild Side qui doit être, genre, le plus grand succès populaire de Lou Reed (au moins jusqu'à ce qu'on ressorte Perfect Day vers l'an 2000) : une basse, des cuivres, un texte rendant hommage à la nuit et aux créatures qui l'habitent
- Satellite of Love qui est peut-être moins aimée (U2 en fera une reprise loin d'être nulle) mais qui bénéficie d'une outro formidable
Bref, même la pochette est anthologique (elle sera reprise et réinterprétée pour l'album The Blue Mask qui marque, comme Transformer, une renaissance chez Reed) et cet album a sa place dans toute discothèque personnelle, y compris si on n'aime pas particulièrement Lou Reed.