Steve Perry avait quitté Journey depuis 1987 pour une carrière solo discrète. Mais le groupe lui manquait et en 1996 Neal Schon et Jonathan Cain, sur proposition de leur maison de disques, acceptent de retrouver Perry. Ce dernier est partant pour un nouvel album et le groupe classique de la période 1981 à 1985 se reforme, ce qui était peu de temps auparavant impensable. Autant le dire d’entrée, si vous être fan de Journey, il vous faut oublier la trilogie magique « Departure », « Escape » et « Frontiers » car on en est loin. Cet album n’est pas honteux, loin de là, mais il est bien trop long (75 minutes…) et on sent que les musiciens ont voulu caser le maximum de morceaux à l’intérieur. Mais la période dorée de Journey est définitivement terminée ; c’est très pro, avec une production efficace signée Kevin Shirley, mais ça ne décolle jamais vraiment. Pourtant, on peut sauver quelques titres comme «When You Love A Woman », jolie ballade et heureusement un morceau plus punchy, plus rock, « Castles Burning ». Mais l’ensemble de l’album se révèle très (trop) mid-tempo, avec une grosse majorité de ballades, je l’aurais aimé plus varié, plus énergique, le rock n’étant pas ici la priorité.
La plupart des chansons sont signés Perry, Schon et Cain, je pense que chacun a dû écrire dans son coin et puis mettre en commun alors que dans la trilogie citée précédemment, c’était bien un processus d’écriture collectif qui faisait de morceaux comme « Don’t stop believin’ » de purs chefs d’œuvre. La 1ère moitié du disque est meilleure que la 2e, lassante. Rien de désagréable bien sûr car les musiciens ont de l’expérience et du talent mais de là à être séduit, il y a un gouffre important. Une tournée était envisagée après de « Trial by Fire » mais Perry souffrait de problèmes de santé qui l’en empêchaient. Schon et Cain décident de se passer de lui et de le remplacer. Perry est renvoyé par un simple message qui le déliait de toute obligation vis-à-vis de Journey et visiblement, ce message est toujours affiché au mur de son bureau aujourd’hui…C'est ce qu'il racontait récemment en interview. Perry n’est jamais revenu dans le groupe. Certains ont voulu voir dans cet album un très bon album AOR à l'heure du grunge, pas loin d'un chef d'oeuvre; pour moi, c'est une sorte de coup manqué.