James Blake s’est regardé dans le miroir et il s’est dit : bon, j’ai fait ma tune avec Beyoncé et quelques autres, et là je tourne en boucle. Pour cet album, il a abandonné les majors. Il délaisse les sirènes du capitalisme pour faire quelque chose sans compromis. Son premier album était déjà sans compromis, mais ensuite, bon, tu vois, faut manger.
Musicalement, c’est assez chic, peut‑être même glamour. De la soul, des samples patrimoniaux façon Dusty Springfield ou Leonard Cohen pour rappeler qu’on connaît ses classiques, et au final un vrai savoir‑faire architectural de la juste sonorité. Blake fait du Blake, soul, post‑dubstep, un poil trip‑hop, mais plus libre. Le label indé lui permet ça.
Les paroles parlent de journal intime sous lumière bleue, la même que sur le premier album, et de la sagesse d’un gars qui a un peu trop médité dans les aéroports. L’effet “Lost in Translation” appliqué à un producteur anglais. J’ai hésité à classer ça dans la prod industrielle de base, mais certains titres t’emmènent vers quelque chose de plus, disons, différent.
Blake reste un passeur mélancolique qui rappelle que même les DJ producteurs pleurent. Ça n’invente rien mais il faut saluer le geste. La tune, c’est bien, mais la musique, c’était quand même sa passion de départ.