Avec Headphone, c'est déjà une affaire de personnes, Charles H Garabed et Jean Michel Pires (Bed, The Married monk, Bosco) aidés par une cohorte de musiciens talentueux : Nicolas Couret, Marc Sens, Benoît Rault, Lori Sean Berg… Ensuite, c'est un état d'esprit qui préconise l'ouverture tout azimut : à des invités donc et à tous les genres musicaux. Two stories high, tout comme son prédécesseur, doit s'appréhender dans sa globalité. Bien plus qu'une compilation de 8 titres mais bel et bien comme un album unitaire. Totalement instrumental, il sera donc à rapprocher des BO de films et pas seulement parce que comme beaucoup, Headphone a été marqué par le travail de John Barry, Ennio Morricone, Lalo Schiffrin et quelques autres. Une musique d'ambiance au sens littéral du terme (qui ne veut pas dire musique d'ascenseur) avec des moments de tension, de violence même, comme la noise. et le jazz peuvent en créer dans leurs moments de dissonance. Et quand le calme reprend ses droits, celui-ci n'est jamais tiède, jamais neutre…L'électronique, nouvellement intégrée dans la musique du groupe, accentue encore plus les aspérités du groupe. Le travail de Headphone rappelle celui de NLF3 trio, qui a récemment travaillé sur la BO de "Que Viva Mexico". Comme le groupe des frères Laureau, Headphone a dépassé le rock et la noise. Ils sont passés au-délà du miroir et en cela, se révèlent authentiquement post-punk (plus en tout cas, que tous les groupes de jeunes à guitares qui font la hype). Musique adulte, musique passionnante, qui risque de nous envoûter encore pendant longtemps.