Unplugged (Live)
7.7
Unplugged (Live)

Live de Neil Young (1993)

Ou quand Neil passe par les fourches caudines de MTV...

Nous sommes au début des années 90 et MTV a redéfini la manière dont "doit" être "consommée", pour le meilleur et pour le pire (surtout), la musique. Et voilà Neil, notre rebelle, qui se plie pour une fois aux nouvelles règles du jeu, et livre une prestation dite "Unplugged" devant les caméras de la chaîne. Bien sûr, Neil fait la gueule, se cache derrière une barbe hirsute et a revêtu une tenue de motard atypique. On raconte qu'il aura aussi mené la vie dure à ses musiciens, dont il n'apprécie pas le jeu, et il aura fallu s'y reprendre à deux fois avant que la "performance" soit jugée... acceptable par le Loner.


Bien sûr, le principe d'un album "acoustique" de Neil Young est absurde, puisqu'il a toujours alterné des sets et des albums acoustiques et électriques... Ou alors il aurait fallu que cet "Unplugged" ne soit composé que de versions radicalement nouvelles de grands morceaux électriques de Crazy Horse... Ça aurait certainement été un grande idée, et du coup, l'album aurait pu rivaliser avec le célèbre "Unplugged" de Nirvana. On devra se contenter de deux titres radicalement différents, une sublime version à l'orgue de "Like a Hurricane" - qui pourrait justifier à elle seule l'existence de ce disque -, et une charmante interprétation du "Transformer Man", sans vocoder, de "Trans" (On rapporte que Neil aurait aussi joué une version de "Sample & Hold", qui aurait également été passionnante à découvrir...).


Pour le reste, on est en terrain connu et archi-balisé. Neil commence par jouer seul, et chante particulièrement bien - illuminant des classiques comme "The Old Laughing Lady" ou "Pocahontas". Puis il est rejoint progressivement par ses choristes et ses musiciens, nous offrant une alternance de titres inutiles (le seul inédit, "Stringman" est insignifiant, les versions de "Helpless"et "Long May You Run" sont lisses et désincarnées...), et de très beaux moments, culminant avec un "Harvest Moon" lumineux et un "Look Out for My Love" enchanté.


Ce disque, irrégulier et nettement moins inspiré que ce que Neil Young nous offrait alors, puisqu'il était alors dans une période faste de sa carrière, fut assez mal reçu, et il est considéré en général comme l'un des "Lives" les plus médiocres du Loner.


C'est un jugement injuste.


[Critique écrite en 2020]

Eric-Jubilado
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Promenade sur les traces d'un géant : Neil Young

Créée

le 11 juil. 2020

Critique lue 371 fois

Eric-Jubilado

Écrit par

Critique lue 371 fois

1

D'autres avis sur Unplugged (Live)

Unplugged (Live)

Unplugged (Live)

7

Eric-Jubilado

6818 critiques

Ou quand Neil passe par les fourches caudines de MTV...

Nous sommes au début des années 90 et MTV a redéfini la manière dont "doit" être "consommée", pour le meilleur et pour le pire (surtout), la musique. Et voilà Neil, notre rebelle, qui se plie pour...

le 11 juil. 2020

Unplugged (Live)

Unplugged (Live)

7

JOE-ROBERTS

2293 critiques

Le Loner en version acoustique pour MTV

Comme beaucoup d’artistes de sa génération (Dylan, Clapton, Paul Simon…), il semblait logique que Neil soit invité dans l’émission de MTV qui a remis en avant dans les années 90 la musique live...

le 11 juil. 2025

Du même critique

Les Misérables

Les Misérables

7

Eric-Jubilado

6818 critiques

Lâcheté et mensonges

Ce commentaire n'a pas pour ambition de juger des qualités cinématographiques du film de Ladj Ly, qui sont loin d'être négligeables : même si l'on peut tiquer devant un certain goût pour le...

le 29 nov. 2019

Je veux juste en finir

Je veux juste en finir

9

Eric-Jubilado

6818 critiques

Scènes de la Vie Familiale

Cette chronique est basée sur ma propre interprétation du film de Charlie Kaufman, il est recommandé de ne pas la lire avant d'avoir vu le film, pour laisser à votre imagination et votre logique la...

le 15 sept. 2020

1917

1917

5

Eric-Jubilado

6818 critiques

Le travelling de Kapo (slight return), et autres considérations...

Il y a longtemps que les questions morales liées à la pratique de l'Art Cinématographique, chères à Bazin ou à Rivette, ont été passées par pertes et profits par l'industrie du divertissement qui...

le 15 janv. 2020