Avec Vertikal, Cult of Luna livre une œuvre imposante, à la croisée du post-metal atmosphérique et de l’architecture sonore industrielle. Inspiré de l’esthétique de Metropolis, l’album se dresse comme un monolithe froid, lentement construit par des strates de guitares massives, de rythmiques répétitives et de nappes électroniques glaçantes.
L’ensemble impressionne par sa cohérence et sa rigueur : rien n’est laissé au hasard dans cet univers mécanique et oppressant. Le sommet de cette logique architecturale est atteint avec “Vicarious Redemption”, un voyage de seize minutes où la tension monte, s’étire, puis explose dans une libération émotionnelle rare.
Mais si Vertikal impressionne, il fatigue parfois. Certains passages s’étirent au-delà du nécessaire, flirtant avec la redondance. Une exigence qui peut fasciner ou rebuter, selon l’écoute et l’humeur. Pourtant, même dans ses longueurs, l’album maintient sa force évocatrice et son intention artistique intacte.
Avec un son massif, une direction artistique claire, et une intensité maîtrisée, Vertikal s’impose comme une œuvre marquante, exigeante mais gratifiante. Une expérience sonore brute, cérébrale, et profondément habitée. Une note de 8.5/10 me semble à la hauteur de cette ambition : respectueuse des failles, admirative de la vision.