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Au delà de la blague du groupe qui n'avait pas anticipé l'apparition d'internet, Videosex est l'exemple du groupe parfait qu'on appelle affectueusement "encore une des saloperies à Moumoute". L'un de ces machins qui ne semblent avoir existé que pour pouvoir sortir un jour du disque dur de l'hirsute ariégeois. Il est vraiment très difficile d'aborder le disque sans parler de l'animal qui l'a proposé au Klub. Un mec relativement insupportable pour qui la musique commence en 1979 mais surtout finit en 1991 (voire en 1987). Même si de toute façon selon ses dires la plupart des bons trucs sortent de 1983.
Ici on est en 1984 apparemment mais même sans avoir de connaissance approfondie de la vie culturelle yougoslave, on peut sans crainte affirmer que le bouzin est sorti en 1983 dans feu-son pays d'origine. L'album est bien évidemment indescriptible sans avoir recours à des épithètes hideux comme Italo-disco, synth-pop, post-punk ou new-wave. De bien grands mots pour dire que le groupe de l'est joue très mal du synthétiseur.
Les huit pistes qui composent l'album n'ont pas grand chose à voir entre elles. Les bonus, invisibles ici, sont dans la même veine tout en ouvrant d'autres voies. On peut entendre du punk binaire (Kako bih volio da si tu), de l'horrible flute de pan synthétique qui ramène aux plus sombres heures de Prince of Persia (1001 noć), de la variété italienne (Ti si moja roža), un tube énergique que n'aurait pas renié Madonna si elle s'était adonné au slovène (Moja mama), du polar synthétique (Detektivska priča), l'inévitable refrain eurodance avant l'heure (Ana), le tout aussi inévitable hymne pédé (Tell Me Why), une ballade en décapotable (Videosex) et un Neonska reklama qui se retrouvera en deux version new-wave et italo-disco, pour le plaisir de tous. La fin du disque est relativement poussive et anachronique.
C'est affreux. Il n'y a pas d'autre qualificatif. C'est difficilement défendable sur le plan musical surtout contre la précision chirurgicale de Savage. Mais c'est aussi génial. Et fou. Et magnifique. Parce qu'on est des putains de snobs et qu'on jamais rien entendu de semblable. En plus, on parle quand même du groupe d'Anja Rupel aka la meuf qui a chanté sur la plus belle reprise d'Across The Universe proposé ni plus ni moins par mon autre groupe Slovène préféré (Laibach). La boucle est bouclée.