C'est bien connu, quand on a plus d'idées, quand notre dernier grand album remonte à 15 ans et que nos dernières productions ont connu un accueil mitigé, rien de tel que de revenir aux sources, au son qui a fait notre gloire, histoire de caresser la critique dans le sens du poil.
C'est donc ce que fait Björk ici : elle ressort les violons dramatiques, elle ajoute quelques effets électroniques, et les nostalgiques d'Homogenic et Vespertine crient au grand retour de la chanteuse islandaise.
A part quelques arrangements sympas par-ci par-là (sur "Family", "Atom Dance"), tout ce que j'entends est une compilation de b-sides de 1997. Ca pue le déjà-vu, l'absence de prises de risque, jusqu'au chant, dont le style saccadé m'agace aujourd'hui très rapidement.
On sent dans Vulnicara cette envie - plus exagérée que jamais - de sonner "beau" et "pur", mais c'est Björk tellement enfermée dans sa zone de confort qu'on a seulement l'impression d'entendre "Joga" déclinée en 9 versions (violons solennels, grandiloquence, beats froids, tout y est) avec, en de rares moments, quelques éclats ou tentatives d'originalité. Manque de pot, très souvent le rendu est surproduit et paraît forcé ("Quicksand", palme du morceau le plus insupportable).
Bref, un album pas désagréable en soi, mais incroyablement convenu, trop propre, globalement ennuyeux, vite oublié.