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Ou "Bob Dylan du pauvre" en titre.
Sugar Man retrace le parcours d'un musicos, Rodriguez, qui a sorti dans le plus grand anonymat deux disques aux USA au début des 70's. Mais les disques parviennent jusqu'en Afrique du Sud (alors en plein Apartheid) où ils cartonnent, faisant de Rodriguez une légende. Deux afrikaners tentent des années plus tard de percer le mystère Rodriguez, un type dont on savait finalement peu de choses.

La première moitié du film ressemble à un ping-pong entre deux idées : "Rodriguez était incroyable, je n'avais jamais rien entendu de tel" ; "il était très mystérieux, on ne savait rien de lui" ; "c'est le plus grand artiste avec qui j'ai collaboré" ; "le gars était un mystère, on ne savait pas qui il était" "c'est un des cinq plus grands artistes que la Terre ait connu" ; "il était quand même vachement mystérieux". J'exagère à peine le propos.
Et je dois admettre que j'en ai marre des films qui glorifient une figure de la sorte. J'ai vraiment eu l'impression que tous les intervenants en faisaient des tonnes, constamment. Sur son talent et l'homme incroyable qu'il était. Sur le fait qu'on ne savait rien de lui.
Ca devient vite lourd. Et c'est un peu tout le problème du film, ils s'efforcent tant de mystifier le personnage qu'on se retrouve face à un film qui donne dans le sensationnalisme comme un mauvais reportage télé. J'ai été déçu en entendant sa musique la première fois. Je veux dire, c'est sympathique comme tout (même si ça ressemble beaucoup à du Dylan, jusqu'à la voix) mais les personnes interviewés ont tellement exagéré le trait que tu t'attends à prendre la claque de ta vie.

Ca confine presque au ridicule par moments. Au début du film, un de ses producteurs déclare "cette chanson-là de Rodriguez, c'est le truc le plus triste que j'ai entendu de ma vie" ; il la met, et la chanson démarre par les paroles "J'ai perdu mon boulot... deux semaines avant Noël"... Ah ouais, en effet. Ca verse à peine dans le pathos, là. Ajoutons à cela qu'il avait, apparemment, la qualité de devin.

Avec cette poudre aux yeux plein de détails m'échappent, j'ai l'impression que tous les intervenants sont de parfaits ignares. Mon passage préféré c'est quand l'un des enquêteurs est parti à Amsterdam JUSTE parce que Rodriguez mentionne le nom de la ville dans une chanson. C'est comme débarquer à Amsterdam en cherchant Brel. Puis, plus tard, ce même enquêteur remarque des paroles écrites par Rodriguez faisant référence à un quartier de Detroit. "Ah oui, c'est la ville d'origine des producteurs du disque aux states, je devrais peut-être aller chercher là-bas". ?! Pourquoi ne pas avoir commencé par là ?
Bref, c'est un détail parmi d'autres qui m'a interpellé.

Evidemment, son histoire est pas banale. Ca se ressent surtout vers la fin : l'idée que ce mec soit un parfait inconnu dans son propre pays, et une légende dans un autre. C'est cocasse, c'est beau, ça fait rêver. Pas non plus de quoi en faire un Dieu et sortir les violons à tout va. Si on en croit le film, c'est grâce à Rodriguez que l'Apartheid a pris fin ; grâce à ce modeste ouvrier, qui ne recherche ni l'argent ni la gloire, qui a juste un coeur gros comme ça, et qui va contre le système. Ouais, c'est aussi un bon film de gaucho.
Je vous ai dit qu'il était super mystérieux ?

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