A bien y regarder, la période noire de Weezer n’aura duré que cinq ans. Avant Make Believe (2005) et après Raditude (2009), parenthèse moisie pendant laquelle les Californiens ont cherché en vain une autre voie (R’n B, progressif et pop FM ont été au menu du désastreux programme), Weezer est resté roi de la confiserie pop, acidulée et musclée. Ce nouvel album éponyme est là pour le prouver, lui qui se hisse, après une résurrection discrète en 2010 avec Hurley, au niveau des trois premiers essais. Guitares, basse, batterie, et allez, osons, quelques accords de piano : c’est la ligne blanche que Weezer ne doit surtout pas franchir, leur éternelle fontaine de jouvence. Un pas de côté et Rivers Cuomo et sa bande se désagrègent comme des petits vieux débranchés de leur cerveau d’adolescent.