Rien de nouveau sous le soleil, hormis peut-être l'étrange Thank God For Girls sortant du lot. Rien de nouveau et pourtant, l'album blanc est aussi efficace que ses prédécesseurs rouge, vert et même bleu, 20 ans plus tard. Souhaitait-on vraiment quelque chose de différent ? S'il est bon de voir nos artistes favoris évoluer avec le temps, il est encore plus agréable de retrouver une atmosphère spéciale et familière que l'on pensait appartenir à une ère révolue.
Le White Album nous replonge dans cet état d'euphorie qu'ont créé les autres albums colorés, EWBAITE ayant tout de même bien préparé le terrain. On jette nos Eastpak par terre à l'écoute de California Kids et on embarque pour un voyage quelques années en arrière. On chouine avec Jacked Up, on pense au crush du moment. On allume un ou deux joints sur fond de Do You Wanna Get High en se demandant si on grandira un jour, on réalise que non en enchainant avec Endless Bummer. Et on recommence.
L'album s'écoute en boucle avec une facilité déconcertante. Aucune chanson ne passe à la trappe, même si certaines ne sont pas exceptionnelles (Wind In Our Sail et Summer Elaine and Drunk Dori, par exemple, ne suscitent pas autant d'enthousiasme chez moi que les autres). J'ai toujours préféré les albums d'une dizaine de chansons et celui-ci ne fait pas exception.
Difficile de croire que Rivers a atteint les 45 ans tant sa voix reste la même, difficile de se dire également que l'album n'a pas été créé par des adolescents de 20 ans de moins, tant l'énergie et la désinvolture qu'il dégage sont communicatives.