Souvent délaissé (à raison) au profit de ses deux prédécesseurs, ce deuxième album éponyme du groupe américain ne mérite cependant pas d'être mis au rebut avec tous ses successeurs (qui, eux, le méritent)... A mon sens, il reprend deux caractéristiques des deux précédents albums : du bleu, le côté frais, léger et insouciant, on est en effet pas dans la relative déprime de Pinkerton. Et de ce dernier, il reprend cette capacité à sembler complètement inintéressant au premier abord, puis à se révéler addictif. J'ai adoré Blue Album dès le début, mais j'ai détesté Pinkerton durant les trois premières écoutes. Pareil ici, même si au final le Green Album se révèle quand même bien moins bon que Pinkerton. Alors il y a le tube "Island in the Sun", sur lequel certains vomiront toujours, personnellement j'y entends une très sympathique chanson de pop rock qui commence peut-être inoffensivement mais plaisamment, et pas d'inquiétude, les guitares reviennent après le milieu. Mais le morceau de bravoure électrique de cet album, il est à chercher sur la troisième piste "Hash Pipe", qui contient un riff tout simplement excellent et surpuissant. Un morceau bien plus orienté skate/pop punk mais c'est un aspect qui existe chez Weezer depuis le début. LA tuerie de cet album, qui vient se ranger dans les meilleurs morceaux du groupe avec tous ceux des deux premiers albums. Je ne voyais d'ailleurs pas plus loin que ces deux tubes à ma découverte de l'album, mais j'ai fini par réaliser que tous les autres titres sont également très bons. Évidemment, on a un peu l'impression d'entendre Weezer tourner en sous-régime, surtout avec cette production inégale (l'album démarre avec un son un peu étouffé jusqu'à ce que "Hash Pipe" nous explose à la tronche), mais quiconque a écouté un des albums suivant sait ce que c'est vraiment, du Weezer pas inspiré. Très franchement, à moins d'être un vieux con exigeant, je ne vois pas comment on peut adorer Blue Album et Pinkerton et ne pas au moins trouver ce Green Album sympathique. D'autant que sa courte durée (29 minutes) le rend bien facile à avaler (là où Make Believe ou Red Album semblent durer trois plombes). Dix titres de power pop bien efficaces donc, avec des refrains qui donnent envie de chanter (faux) en même temps et qui restent bloqués dans un coin de la tête. Merde, il faut en profiter de cet album, parce que Weezer ne sortira jamais rien d'aussi bon après (je crois qu'on peut en être sûr). Malgré sa fraîcheur, il en finit d'ailleurs par donner un peu le cafard...