Weld
8.4
Weld

Album de Neil Young et Crazy Horse (1991)

Le Loner fait à nouveau parler la poudre en 1991

Neil Young avait passé les années 80 à sortir des albums au mieux médiocres chez Geffen. Le PDG avait même fini par lui intenter un procès…L’amorce du retour en forme avait eu lieu en 1989 avec l’album « Freedom ». Et l’année suivante, il fait paraître « Ragged Glory » avec Crazy Horse, l’album qui le voit revenir à un rock dur et bourré d’électricité. Un rocker toujours aussi engagé dans les causes qui lui sont chères. La tournée qui va suivre va être triomphale et a été l’occasion d’enregistrer deux albums live en même temps : le double « Weld » et l’expérimental « Arc », un collage sonore de débuts et fins de morceaux de cette tournée (pour aficionados uniquement). Ce double « Weld » se révèle un excellent cru, direct, voire brutal, le groupe était alors très influencé durant cette tournée par le contexte international violent de la Guerre du Golfe, les musiciens ayant en tête les images de CNN qui tournaient en boucle. C’est aussi ce contexte qui a incité Young à modifier les setlists, ajoutant les chansons à thème violent « Cortez the Killer » et « Powderfinger » ou encore une reprise de « Blowin’ in the wind » qui inclue des bruitages de raids aériens et autres mitraillages. La chanson de Dylan devient un appel à la paix et à la fraternité. Sept titres de ce live sont déjà parus sur « Rust Never Sleeps » ou « Live Rust » (chef d’œuvre) douze ans plus tôt. Ça n’est qu’un live intégralement électrique, aucun morceau acoustique et on n’a donc que le versant le plus « rentre dedans » de Neil (aucun « The needle and the damage done », « Heart of gold », « Sugar Moutain » ou encore « Comes a time »).

Mais ce live dépote assurément et on comprend en l’écoutant pourquoi, à cette époque, Neil était adulé par toute la génération du grunge, Pearl Jam (avec qui il tournera quelques années après) ou encore Kurt Cobain. Il était même surnommé à ce moment-là le « parrain du grunge ». Après une décennie presque à vide et sans grande inspiration, Neil remettait méchamment les doigts dans la prise d’électricité et faisait à nouveau parler la poudre. Les moments forts sont nombreux, que ce soit le début sur « Hey, hey, My, my », « Tonight's the night », « Cinnamon girl » (le manifeste garage de "Everybody knows this is nowhere"), « Rockin' in the free world » (autre pièce explosive, ici débarrassée de la production hard rock FM du studio pour sonner enfin crade, meilleure version live), quelques bonnes louches du dernier album en date, « Ragged glory » (les moments les plus épiques) dont un « Love to burn » magistral avec des guitares qui s’entrecroisent à n’en plus finir, et surtout une version de 14 minutes de "Like a hurricane", dantesque et qui vous emporte loin. La rage est toute proche dans « Welfare Mothers » et « F*!#in' up ». Faut pas trop le chercher le Loner, sinon on le trouve ! Une décennie qui allait de révéler brillante pour lui et qui commençait de façon ébouriffante. De la dynamite sur disque. Moi, je préfère juste la diversité du « Live Rust » avec sa face acoustique et sa face électrique mais celui-ci est un des meilleurs. En 2025, Neil a montré à près de 80 ans avec son nouveau groupe, The Chrome Hearts, qu’il avait toujours le talent et l’envie d’en découdre lors d’une magnifique tournée européenne dont Paris était la seule date en salle.

JOE-ROBERTS
9
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le 14 juil. 2025

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