Certes Polly Jean aime changer de peau à chaque album. Certes elle n'aime rien tant que dérouter son auditoire par une alternance d'ambiances électriques et de caresses acoustiques. Mais on n'était pas préparé à ce bouleversement radical. Soit la transformation d'une femme pleine d'énergie, de passions et de désirs en une sorte de bloc de retenue frêle et triste. On ne spéculera pas sur d'éventuels événements personnels pouvant bouleverser l'univers musical d'une artiste. D'autant que PJ n'a jamais cessé de revendiquer la part d'imagination dans ses textes, répétant ici ou là que son désir était de malmener son auditoire. Néanmoins on voit mal ses fans se détourner du folk dépouillé de l'album et l'on ne peut que partager la mélancolie qui se dégage de ce White Chalk, où sobriété et dénuement font mouche.
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