Ce groupe pourrait devenir énorme ! Il convient d’employer le conditionnel car dans le music business, rien n’est jamais sûr à fortiori quand vous êtes sur un label indépendant. Mais les Canadiens arrivent à faire, depuis leur premier album en 2005, un classic rock qui peut plaire aussi bien à large public qu’à une audience plus ciblé, plus indé. Avec ce troisième opus produit de main de maître par Randall Dunn (Sunn O))), Kinski) et Dave Sardy (Oasis, Wolfmother), Black Mountain risque toucher la timbale et gagner le jackpot du succès. Le groupe ratisse large entre folk et hard-rock, sans que Wildernsess Heart ressemble à un fourre-tout. Peut-être grâce à un orgue toujours là ou presque, donnant une petite patine spatiale et psychédélique à tout l’ensemble. Peut-être grâce à une production qui met toutes les facettes du groupe en cinemascope Chez d’autres, tout ce bagage affirmé années 70 pourrait un peu sentir la naphtaline. Mais chez Black Mountain, cela passe plutôt bien et on se prend même à bouger la tête et les cheveux qu’on n’a plus sur les riffs des Canadiens.


Il y a là des références flagrantes à Led Zeppelin (The Hair song), évidentes à Black Sabbath (Let Spirits ride), criantes à Deep Purple (avec une omniprésence de ce fameux orgue derrière les guitares, comme sur Old Fangs). Le groupe est finalement plus fin que ça et par de petites touches ne fait pas dans la copie exacte. En dehors de quelques balades qui vous donne envie de chantonner (Radiant hearts, Buried by the blues) on peut faire confiance à Amber Webber assistant Stephen Mc bean dans les vocaux pour donner une touche féminine à ce monde d’hommes, et cela même dans les moments les plus rocks. Rollercoaster est l’exemple flagrant du talent de Black Mountain pour s’approprier les standards d’un classic rock souvent lourdaud : le titre part sur un riff bien gras avant d’évoluer vers des postures moins attendues et des vrais moments de pop céleste. Oui, céleste. Peut-être que ce groupe terrien pur jus rêve aussi de nuit étoilée. C’est ce qui le sauve de la banalité et qui moi me séduit.

denizor
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le 18 août 2015

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