A force de chanter le blues de la cambrouse du grand ouest américain on aura compris que les quatre membre du CCR ne sont pas les fils d'un riche propriétaire terrien, ou d'un môsieur d'la ville. Ils sont pas riches les gars de Fogerty, et les potes de Willy non plus apparemment. Mais ça Fogerty n'en a rien à foutre. Pour sûr, il échangerais pas un centimètre carré de la campagne californienne contre une villa à Hollywood. Il est content comme ça, et on peut l'entendre dans leur chansons.
Willy and the Poor Boy est sans doute leur album le plus optimiste et joyeux qui s'ouvre sur la délicieuse légèreté de Down on the Corner. Viennent ensuite, entre autre, l'innocent Cotton Fields, le rythme enlevé de Don't Look Now, et au milieu de tout ça l'énorme Fortune Son. "It ain't me" chante Fogerty, "I'm not the millionnaire son", d'un air de dire "et alors, qu'est ce que ça fout". Il envoie chier les rêves de richesse des chercheurs venus coloniser la Californie (peut être ses ancêtres) tout comme il ignore magistralement les innovations musicales de ces dernières années.
Le Creedence est dans son délire et faut pas venir les enquiquiner. D'aileurs ils s'en sortent très bien tout seul. Troisième album de l'année pour les prêcheur du blues revival. Troisième pépite de l'année pour le groupe culte qui n'a volé sa réputation de gros bosseur. Et c'est pas finit, l'année 1970 réserve de bonne surprise.