Que ce soit lié à sa consommation de LSD ou à une forme de schizophrénie, Syd BARRETT – leader du groupe à l’origine de PINK FLOYD – sombre dans la folie dès 1967 ; mais ses copains ne l’oublient pas, notamment Roger WATERS, qui le remplace à l’écriture des chansons et lui rend hommage avec Shine On You Crazy Diamond (également composé par David GILMOUR et Richard WRIGHT).
Il y a un peu plus de 50 ans (le 12 septembre 1975) PINK FLOYD sortait le successeur de Dark Side of the Moon qui avait permis au groupe d’entrer dans le club très fermé des monstres sacrés de l’industrie du disque, aux côtés des ROLLING STONES, de EAGLES et de LED ZEPPELIN, toujours en activité à l’époque.
Wish You Were Here est le 9ème album de la formation londonienne, le premier chez Columbia Records. Il compte 5 morceaux :
1. Shine On You Crazy Diamond (Parts I-V) est né de quatre notes jouées par David GILMOUR sur sa Stratocaster, qui vont inspirer à Roger WATERS l’un de ses plus beaux textes. Il s’agit donc d’une chanson-hommage à Syd BARRETT (le diamant fou), divisée en 5 parties : la première est une longue introduction aux claviers de Rick WRIGHT / la deuxième est portée au zénith par les quatre fameuses notes de GILMOUR / la troisième est un instrumental avec un solo de WRIGHT, puis un autre de GILMOUR / la quatrième est chantée (par WATERS) / la cinquième est marquée par le solo de saxophone de Dick PARRY (qui avait déjà joué sur Money). C’est le plus long morceau du disque (13’32) mais aussi l’un des meilleurs de toute la carrière du FLOYD.
2. Basé sur une pulsation du synthé VCS3, Welcome To The Machine est un réquisitoire de Roger WATERS contre le système (la machine) qui manipule et broie toute individualité (plus précisément celle de Syd BARRETT – toujours lui). L’ambiance du morceau est axée autour des multiples interventions de synthétiseurs, notamment le Minimoog avec lequel Rick WRIGHT prend des parties solos. David GILMOUR se charge de la guitare acoustique et surtout du lead vocal.
3. Troisième titre de l’album et troisième chanteur : Roy HARPER (qui ne fait pas partie du groupe) remplace GILMOUR et WATERS après des essais peu concluants. Dans la lignée de Welcome To The Machine, Have A Cigar est une nouvelle charge contre l’industrie musicale de la part de Roger tandis que le morceau débute par un excellent riff joué par David sur sa Black Strat. WATERS l’appuie avec sa basse et MASON frappe sa batterie avec conviction, juste avant une phrase mélodique de WRIGHT au clavier. Grâce à sa sortie en single, Have A Cigar connut un certain succès.
4. Une fois n’est pas coutume, Roger WATERS a écrit les paroles de Wish You Were Here avant de composer la musique, même si GILMOUR contribue largement à cette dernière. Et en même temps qu’il exprime une sorte de confusion mentale (sous la forme de questions), le songwriter fait encore référence à BARRETT (victime désignée de l’industrie du disque), dont l’absence lui fait dire : "J’aimerais que tu sois là". En plus du chant, David assure les parties de guitares acoustiques (12 et 6 cordes) qui dominent ce morceau folk-rock. Celui-ci reste d’ailleurs l’un des plus grands titres de PINK FLOYD.
5. Les claviers de Richard WRIGHT sont omniprésents sur Shine On You Crazy Diamond (Parts VI-IX) (en harmonie avec les guitares de GILMOUR). WRIGHT est même seul crédité de la dernière partie de ce morceau à 80% instrumental. Après une longue intro, on retrouve cependant le thème principal développé dans la 4ème partie du premier mouvement, avant que WATERS ne se charge du lead vocal avec sa voix fragile, émouvante et puissante à la fois. Après 12’23 au total, la boucle est bouclée.
Avec Wish You Were Here, PINK FLOYD – chantre de l’évasion – entrait dans un nouveau chapitre, celui du voyage intérieur, qui allait trouver son aboutissement avec The Wall quelques années plus tard. Et Syd, partout et nulle part à la fois, allait devenir l’ombre invisible qui plane autour de chaque performance du groupe et de ses membres en solo.