Yellow & Green marque un tournant pour Baroness, et franchement, c’est un pari réussi. Ce double album, sorti en 2012, n’est pas qu’un changement de ton, c’est une vraie déclaration d’intention : plus mélodique, plus accessible, mais toujours intense. En lui mettant 8/10, je salue un disque audacieux, riche, parfois inégal, mais profondément sincère.
Fini la rugosité brute des débuts : Yellow & Green explore des sonorités plus douces, plus atmosphériques, sans pour autant tourner le dos à la tension émotionnelle. Take My Bones Away, March to the Sea ou Board Up the House balancent encore du lourd, mais les guitares prennent parfois le temps de respirer, les structures s’étirent, et la voix de Baizley, plus claire, gagne en humanité.
Ce n’est pas du sludge classique, c’est du Baroness en évolution. Et ça marche, parce que c’est fait avec goût et conviction.
L’album est long (17 titres), parfois un peu trop, et tout ne se vaut pas. Il y a quelques baisses d’intensité dans la deuxième moitié. Mais c’est aussi ce qui fait son charme : Yellow & Green se découvre sur la durée. C’est un disque qui ne cherche pas à impressionner, mais à exister pleinement.
On sent une volonté de sortir du cadre, de repousser les murs, sans renier le passé. Baroness ne s’assagit pas, il affine. Il troque la brutalité contre la nuance, sans jamais devenir tiède.
Ce n’est pas un album parfait, mais c’est un disque important. Une transition réussie, un équilibre fragile mais vibrant entre puissance et émotion. Si certains fans ont pu décrocher, moi j’y ai vu un groupe qui grandit, sans poser ses armes.
Et pour ça, 8/10, c’est mérité.