Apres Countdown to extinction, la barre était foutrement haute. Il s'agissait d'un album solide, racontant une histoire et truffé de hit particulièrement incisif tel que Symphonie of destruction, Sweating bullet, Countdown to extinction... Sans oublier que ces classiques arrivaient dans le paysage tout près du Black album de leurs confrères tant aimés. Ainsi, Youthanasia devait frapper relativement fort afin de faire la compétition, non pas aux albums d'autres groupes, mais bien, face à leur précédent disque qui, pour ma part, représente l'oeuvre achevée et arrivée à maturité.
Donc, Youthanasia ralentit le tempo mais propose quelque chose en contrepartie. Une pochette qui fera couler beaucoup d'encre de par sa morbidité annonçant avec celle-ci, un futur lourd et pessimiste de notre belle jeunesse. Et, un album beaucoup plus mélodique, plus accessible, avec des pistes véritablement intéressante d'un point de vue heavy métal. Rares sont les pistes qui ne vous restent pas scotchées dans le cerveau pendant un bon moment. Que ce soit Reckoning day, Addicted to chaos, Family tree, I thought i knew it all ou encore la ballade A tout le monde qui a prit tout le monde par surprise en integrant le Français, le disque est parsemé de bonne pistes pour l'auditeur fervent du nouveau Megadeth. Plus lent, plus lourd, un son bien à eux et qui restera par la suite, une distortion qui leur va bien, font partie des raisons pour lesquelles j'ai toujours apprécié cette proposition. Il s'agit, en fait, du disque le plus écouté dans mon adolescence hormis leur précédent album et l'album noir de Metallica.
En rien comparable avec ce dernier, Youthanasia a le mérite de ne ressembler à rien sauf à eux-même. Plus assumé, moins trash, on sent une direction naitre à travers l'opus. Et à partir de celui-ci, quelques explorations ( Cryptic writing avec Trust, Risk avec Insomnia) ouvriront la porte à un Megadeth qui se cherche, certes, mais qui retombera sur ses pattes par la suite. Et comment Dave Mustaine atteint cet exploit ?
En faisant dans les disques suivant une agréable synthèse de tout ce qu'ils ont été, de ce qu'ils sont devenus, atteignant ainsi, une notoriété mérité dans le paysage métal. Et pour comprendre cette synthèse, un petit exercice peut semblait anodin mais donne le ton:
Prenez la piste Dystopia de leur dernier né et écoutez-là... Un début à la sauce Youthanasia et légèrement redondant mais qui débouche sur des riffs d'enfer dans sa 2ieme partie. Et pour toutes ces raisons, Youthanasia restera pour moi, un album clé, fétiche. Et lorsque j'y retourne parfois, avec un brin de nostalgie adolescente, je me retrouve à l'écouter en boucle. Peu de disque m'auront d'ailleurs fait cet effet...