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Un jaune de l'espoir un peu délavé.

Avis sur Amarillo - Blacksad, tome 5

Avatar Stephane Gallais
Critique publiée par le

Blacksad fait partie de ces séries qu'on attend avec une impatience plus ou moins importante.
Elle s'est démarquée, dès le premier tome, par le dessin de Guarnido , transfuge de Disney qui maîtrise l'anatomie animalière comme personne.
On pouvait même y retrouver certaines postures de personnages qui avaient peuplés les dessin animés cultes de notre enfance.
Chaque tome possédent une atmosphère bien particulière, dominé par une couleur qu'on retrouve sur chaque couverture.
Après "l'enfer, le silence", un poil surchargé, on avait envie de retrouver ce dessinateur à son meilleur niveau et c'est le cas ici où il nous offre des cases de toute beauté, plus aérées et lumineuses (allant avec la thématique du jaune de cet album)
De ce point de vue là donc, on est rassuré.

C'est au niveau du scénario que le bas blesse.
ça a toujours été le point litigieux de la série où les plus critiques y voyaient une série classique qui ne tenait justement que par le dessin de Guarnido.
Ce n'était pas mon cas.
Certes les scénarios de Canales ne brillaient pas par leur originalité mais je ne pense que ça n'a jamais été son ambition. A aucun moment, il n'a cherché à détourner les codes du polar. Au contraire même, son ambition était seulement de nous offrir des enquêtes classiques, bien menées et efficaces, hommage aux séries noires américaines.
Et jusque là, cela me comblait amplement.

Pour ce dernier volume, on retrouve Blacksad là où on l'a laissé, à la Nouvelle Orléans, en plein réflexion sur sa vie.
Notre chat a besoin de se détendre et il entame une sorte de voyage initiatique. Bien sûr, tout ne va pas se passer comme il l'espérait.
Ce tome fait clairement penser à un tome de transition et on aurait pu trouver intéressant de se pencher un peu plus sur le héros, ses remords, son ras le bol (on y voit aussi pour la première fois un membre de sa famille) mais au final tout ça n'est qu’effleuré par Canalés qui se sent obligé de mettre en place une intrigue annexe qui s'avère assez inintéressante pour ne pas dire confuse.
Tout ici est le fruit du hasard et même la réaction finale de Blacksad a la fin semble totalement illogique par rapport à ce qu'il disait au début.
Du coup, on est carrément déçu, on a pas d'étude approfondie des états d'âmes de Blacky et niveau polar, l’efficacité et le punchy des autres tomes et carrément absente.
En somme, c'est du vide.
Et 3 ans pour avoir du vide comblé par un beau dessin, on peut se demander si on est pas proche de l'arnaque.

A dans 3 ans donc et en espérant que ce n'est qu'une erreur de parcours et que Blacksad ne deviendra pas une de ses séries qu'on achète par habitude et non plus pour sa qualité originelle

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