Chute libre.

Avis sur Amarillo - Blacksad, tome 5

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Que dire de Blacksad ? ce n'est pas évident car je suis très partagé sur cette série. inutile de la présenter, je pense que les fans connaissent tous cette série emblématique des années 2000.
Je suis partagé car bien que je trouve certaines qualités à cette série mais il faut bien avouer qu'elle devient de plus en plus anecdotique.

La première force d'une bande dessinée est une belle couverture. A ce niveau là, Guarnido est plutôt efficace. La couverture du premier est inoubliable. Celle du dernier est particulièrement agréable. La composition est bonne, dynamique et les couleurs agréables. Il s'en dégage une sorte de bien être cool. Et c'est là que le bât blesse, car pour moi cette couverture est le symbole de l'évolution de la série.

On peut honnêtement dire que le scénario n'a jamais été la force de la série. Canales a écrit ses premiers scénarios en hommage au Roman Noir américain, en en accumulant tout les clichés. Les histoires n'étaient pas mauvaises mais juste très prévisibles. C'est la représentation de Guarnido qui a su donner corps et âme à la platitude du scénario. Son dessin est très expressif et dynamique. Bien que cliché dans sa construction, le personnage de Blacksad était une superbe représentation du détective privé, dur à cuire et malchanceux. C'est sa noirceur qui était la force du récit. Or cette noirceur disparaît au fil des albums. Dans ce tome 5, Blacksad est le bon samaritain de service, souriant niaisement en permanence. Canales se montre définitivement un piètre scénariste, en enlevant son point fort à sa série.
Le virage a été notable à partir du tome 4, Canales nous emmène dans son fantasme du rêve Américain. Peut importe la cohérence du scénario…
On retrouve ici, un hommage "subtil" à la beat génération, aux films la Horde sauvage et Sous le plus grand chapiteau du monde. Blacksad est spectateur d'un monde en marche, qu'il se contente d'observer un sourire au coin des lèvres. Il y a le cota de morts, bagarres et courses poursuites à même de justifier l'arrière fond polar de la série. Immanquablement Blacksad passe pour coupable d'un crime qu'il n'a pas commis, mais bon peu importe car il fait beau et les filles sont belles.
Point de départ de l'histoire, Blacksad n'a plus les moyens de rentrer à New York, pas de soucis on lui en prête une voiture. On la lui vole quelques pages plus loin, pas de soucis une bande de bikers sympatoches lui prêtent une moto. Arrivé à destination, les motards repartent avec une moto sans conducteur, mais ça doit être normal. Bref on l'aura compris, je suis catastrophé par l'indigence du scénario. Normalement on peut attendre des gens qu'ils progressent quelques peu avec l'expérience. Mais chez Canales, c'est la chute libre d'album en album.

Mais alors que reste il à cette série ? Le dessin bien sur, enfin c'était vrai sur le tome 1, on en est loin au vu de ce nouvel album. Alors pour être honnête Guardino a un niveau très supérieur à la plupart de ses confrères. Ses couleurs, ses mises en page et l'aspect animalier font sa force. Mais honnêtement, le dessin du tome 5 ne soutient pas la comparaison avec le dessin du premier album, c'est flagrant ! Certes ca reste beau, mais cela a perdu de sa superbe. Au vu du talent de l'auteur on est en droit de se poser la question de pourquoi un tel laisser-aller. Plusieurs pistes s'offrent à nous, mais la principale à mes yeux est que le succès lui est monté à la tête. Le succès a été foudroyant et sa côte est devenue très élevée rapidement. Ses albums partent comme des petits pains et le moindre dessin se vend une fortune. Guarnido est donc devenu une diva, imposant ce qu'il veut à ses lecteurs et aussi à son éditeur. Il est de ces artistes, qui cesse se remettre en cause, une fois le succès rencontré. Il n'est plus un créateur et c'est dommage car il aurait pu en avoir l'ampleur. mais n'est pas Moebius qui veut.

Blacksad est devenue une série sympa et sans surprise, qui devrait perdurer grâce à ses ventes. Comme beaucoup de séries classiques et qui occupent le haut des ventes. Dommage que l'on en soit déjà là après cinq albums seulement.

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