Dans mes souvenirs de jeunesse, l'album Azimut Zero de la série Dan Cooper est le second que j'ai découvert, le premier étant programme F-18. A 14 ans, pas facile de comprendre cette histoire de grand exercice militaire américano-canadien, matinée d'espionnage de matériel ultra-sensible de guerre électronique... Alors la sous-couche anti-raciste qui donne sa dimension humaine aux personnages de cette intrigue m'était largement passée au-dessus de la tête, tel un Voodoo à Mach 1 ! Non, à 14 ans, ce sont les traits, le dessin, le dynamisme de ces jets de combat qui me faisaient rêver. Dan Cooper était donc pour moi - après avoir lu quelques albums - l'alter ego de Buck Danny. Les Mirage - car oui quand on est gosse tous les avions sont des Mirage - me faisaient rêver, jusqu'à envisager un temps cette profession...
La nostalgie aidant, j'ai récemment ressorti mes vieux albums et relu scrupuleusement leurs histoires, en les survolant beaucoup moins vite que jadis. La redécouverte est troublante, mon avis est aujourd'hui diamétralement opposé à celui du moi enfant...
Azimut Zero raconte une histoire complexe, celle de la guerre de la furtivité active : le brouillage électronique. Peu de gens le savent mais un avion dispose de nombreux moyens pour se rendre invisible et le brouillage des radars adverses avec changements de fréquences ininterrompus est l'un de ces dispositifs. En gros, "vous savez que je vole dans cette zone mais vous ne savez pas où ; et si vous ne me voyez pas, vous ne pouvez pas m’abattre". Concept passionnant encore aujourd'hui mais que j'ignorais totalement étant gamin. Le hic, c'est que 44 planches c'est trop peu pour développer un récit digne des romans de Clancy plus les interactions entre personnages. Dommage car on tient là une bonne histoire, avec un finish humain triste ; et quelques écorchés très instructifs sur le plan militaire.
Non, ce qui me fait baisser à ce point la note, ce n'est pas la brièveté du périple mais la piètre qualité des dessins. Sur la fin, Albert Weinberg habituellement si minutieux bâcle son travail : dessin peu soigné, palette de couleurs très restreinte et criarde de surcroît... Vraiment dommage.
Alors, à recommander ou pas ? Disons que si vous êtes fans de BD aéro et de jets aujourd'hui vintage, Azimut Zero peut vous apporter un peu de satisfaction.