4
1321 critiques
Pétrole pas très brut
Il me semble que les B.D. éducatives ont toujours existé : du temps où bande dessinée rimait avec gamineries, des âmes de pédagogues soucieux de sauver la jeunesse mettaient entre les mains...
le 9 nov. 2019
Il me semble que les B.D. éducatives ont toujours existé : du temps où bande dessinée rimait avec gamineries, des âmes de pédagogues soucieux de sauver la jeunesse mettaient entre les mains d’enfants naturellement en perdition des illustrés destinés à leur assurer quelque instruction en matière d’histoire, de morale ou d’économie domestique. Il me semble encore que l’un des mérites des auteurs les plus intéressants à partir des années 1970 – et plus tôt pour quelques brillants précurseurs – fut précisément de trancher, en biaisant plus ou moins, avec tout ce qui ressemblait à des ambitions didactiques. (Qui a dit Métal hurlant ? Qui a utilisé le mot subversion ?)
Je dirais volontiers que Bleu pétrole renoue avec cette tradition du docere et placere, s’il n’était pas parcouru par une autre tradition, plus récente et en rapport avec la même ambition de faire sérieux : celle du récit familial graphique. Oui, rajoutez graphique derrière, ça force la respectabilité. Comme si Blueberry, les albums de Schuiten et Peeters ou l’Incal n’étaient pas déjà des romans graphiques… Mais il fallait donner des lettres de noblesse à un huitième ou neuvième art qui apparemment en manquait – et tant pis si en s’en rapprochant, la bande dessinée est devenue aussi chiante et nombriliste qu’une partie de la littérature générale actuelle. Fin de la digression.
En relatant, sur fond d’histoire familiale, la marée noire de l’Amoco Cadiz, l’album remplit peut-être son double objectif, non seulement instruire le lecteur – peu de données chiffrées, mais une chronologie précise et des compléments en fin de volume –, mais aussi l’émouvoir : la sympathique famille simple mais honnête de paysans bretons, la méchante multinationale, le petit frère différent, le grand frère parti en coopération qui rappellera peut-être quelque souvenir à qui avait vingt ans en 1978…
Mais si émotion il y a, je ne vois pas comment elle peut être esthétique, ce qui est toujours gênant s’agissant d’une œuvre d’art : un scénario aussi plat que prévisible, un trait absolument dépourvu d’identité, des personnages dont j’espère qu’ils sont moins ennuyeux que leurs doubles réels. Comme si les auteures s’étaient du début à la fin échinées à gommer la moindre aspérité.
Sinon, Bleu pétrole est aussi le titre d’un album de Bashung, infiniment plus envoûtant, plus riche et préférable.
Créée
le 9 nov. 2019
Critique lue 114 fois
4
1321 critiques
Il me semble que les B.D. éducatives ont toujours existé : du temps où bande dessinée rimait avec gamineries, des âmes de pédagogues soucieux de sauver la jeunesse mettaient entre les mains...
le 9 nov. 2019
7
84 critiques
Une terrible histoire qui raconte le naufrage d'un pétrolier sur les côtés Bretonnes et le long combat en justice pour juger la compagnie pétrolière. Mais, ce n'est pas que le récit d'une...
le 17 mars 2019
9
1321 critiques
Je suis sociologiquement prédisposé à aimer Desproges : mes parents écoutent France Inter. Par ailleurs, j'aime lire, j'ai remarqué au bout d'une douzaine d'années que quelque chose ne tournait pas...
le 6 août 2013
9
1321 critiques
Ce livre a ruiné l’image que je me faisais de son auteur. Sur la foi des gionophiles – voire gionolâtres – que j’avais précédemment rencontrées, je m’attendais à lire une sorte d’ode à la terre de...
le 4 avr. 2018
7
1321 critiques
Pour ceux qui ne se seraient pas encore dit que les films et les albums de Riad Sattouf déclinent une seule et même œuvre sous différentes formes, ce premier volume du Jeune Acteur fait le lien de...
le 12 nov. 2021
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème