Génie en longueur

Avis sur Génie en sous-sol - Léonard, tome 18

Avatar Fatpooper
Critique publiée par le

Le premier long récit proposé était problématique dans le sens où tout allait trop vite, pas de temps mort, l'histoire était trop dense, les auteurs n'arrivaient même pas à exploiter correctement leurs digressions.

Le second était nettement mieux réussi mais l'histoire faisait un peu défaut. Trop simple, ça tourne en rond, mais heureusement les conflits et les gags rendent la lecture agréable.

Cette troisième et dernière tentative (à ma connaissance, n'ayant pas lu les derniers tomes) tente de revenir sur la premier thème, à savoir un voyage exceptionnel. mais cette fois plus autour de la terre, mais bien dans la terre. A priori c'est un sujet plutôt emballant rappelant les récits de Jules Vernes une fois de plus. Hélas, les auteurs échouent lamentablement.

Alors ce qui est bien, c'est qu'ils ont amélioré ce concept de voyage par rapport à Génie en ballade ; les héros ne visitent plus que 2 ou trois endroits sur les 45 pages ce qui est largement faisable. Comme quoi els auteurs ont retenu une leçon.

Mais le problème, c'est le manque cruel d'objectif et de conflits. Enfin un objectif il y en a un qui est énoncé au début et qui finalement est laissé tomber en route sans même prendre la peine d'en parler. Résultat, on ne sait jamais où on va. La rencontre avec les étranges créatures sous terraines annonce un nouvel objectif qui sera très vite atteint. Trop vite. Car justement pas de conflit. Ou alors il est juste apparent. On annonce quelque chose comme un conflit, mais ça se résoud en une phrase, un geste. Pour moi ce n'est pas du conflit ça.

Le bonheur que procurait la Guerre des génies, ce n'était pas seulement la panoplie d'inventions déployées, mais bien cette guerre entre les deux génies et tous les conflits qui en découlent. Ici il ne se passe rien. Les pesonnages voyagent à peu près sans encombre. Le pire étant que le seul passage où le suspens mêlé au conflit peut naître est directement annihilé par les auteurs mêmes annonçant au travers de Léonard que quoiqu'il arrive ils s'en tireront, c'est les auteurs qui l'ont dit... Ce gag absurde aurait fonctionné si les conflits étaient restés, le lecteur aurait alors joué le jeu de 'faire semblant de ne pas savoir'. Mais ce n'est pas le cas.

Question humour c'est très mou et très lourd. Des jeux de mots pénibles, des petites blagues à ras des paquerettes. On ne retrouve plus les ingrédients qui ont fait le succès de la série. Pire: les auteurs tentent de faire des créatures de très mauvais blagueurs... le problème c'est qu'on ne fait pas la différence entre les 'mauvaises blagues préparées' des créatures et les 'bonnes blagues spontanées' de nos héros. Rien ne fait rire.

Même le côté graphique n'est pas génial. Un ou deux décors sympas, mais ça manque cruellement des détails magiques que seul Turk est capable de distiller. Prenons la scène de début sur la terre: je n'ai jamais vu le jardin et la devanture de la maison de Léonard aussi vide. Les décors sous terrains: des stalactites, des stalagmites, et des gâteaux... Pas grand chose, quoi.

Bref, il s'agit d'un album très mou, les auteurs nous dévoilent ici une histoire creuse et sans grands intérêts. A la limite le conflit entre les deux peuplades peut faire écho à quelques problèmes politiques encore d'actualité, mais c'est tellement mal raconté qu'on s'en fiche un peu. La BD se lit juste parce qu'il y a un certain mystère et qu'on se demande ce qu'il va se passer, mais au bout du compte le lecteur est déçu, battu, parce que justement, il ne se passe rien.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 211 fois
1 apprécie

Autres actions de Fatpooper Génie en sous-sol - Léonard, tome 18