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La beauté et la poésie se trouvent dans la mort et la destruction.

Dessinée au crayon et à l'encre, cette BD est bien différente de ce qu'on peut voir habituellement dans le rayon manga. Le pitch de départ est assez simple : pour assouvir sa vengeance, une jeune fille engage comme garde du corps un "chien fou" immortel en quête de rédemption.

Le style est très réaliste sans jamais verser dans la fresque historique chiante. Les combats, nombreux et hyper violents, sont un délice de mouvements des corps, de variété des armes, et de démembrements sanguinaires. Dans les 1ers tomes, l'auteur dessine une double page dans le style d'une estampe japonaise pour illustrer le coup mortel porté par un personnage à un autre. C'est toute la beauté de la mort et de la violence, dans une culture typiquement japonaise, dont il est question ici.

Attention cependant, bien qu'il apparaisse très noir au début, le manga évolue vers ce qu'on en attend : des personnages forts qui font leur retour toujours au bon moment, des affrontements toujours plus passionnants, un fil rouge qui ne se perd pas dans la galerie de personnages toujours plus charismatiques, et surtout une profondeur dans les relations, les sentiments et les motivations des personnages.

Outre la maturité du récit, ce que j'ai particulièrement aimé, à la différence d'un Kyo Samouraï Deeper ou d'un Kenshin, c'est que le héros n'est pas beaucoup plus fort que les autres. Les personnages autour le sont souvent davantage. Il ne doit généralement sa survie qu'à son immortalité, sans laquelle il serait mort dès le tome 1. Pour autant, cette immortalité est merveilleusement traitée dans une histoire où la mort est tellement présente qu'on en finit par se dire que les Japonais ne risquaient vraiment pas la surpopulation à cette époque (alors que nous sommes en "temps de paix" lors de l'histoire).

N'oublions pas non plus la démesure qui caractérise souvent la culture japonaise, et que l'on retrouve ici avec délectation. Le style réaliste permet à l'auteur d'instiller des passages épiques, des combats presque surhumains et souvent une violence insoutenable pour un occidental, mais qu'on devine régulière pour un Japonais de l'ère Edo.

Certains personnages vous glaceront d'effroi (Shinra, Kuroï...), d'autres vous intrigueront (Magatsu, Giichi, ...), certain(e)s vous séduiront (Lin, l'ensemble des femmes guerrières) puis Anotsu et Manji vous fascineront purement et simplement.

Pour finir sur une touche plus légère que l'infini beauté de la mort et de la destruction : non, le héros n'est pas un gros nazi, malgré l'énorme croix gammée dans son dos. Coudée à gauche, c'est une Svastika, un symbole très ancien, qui désignerait ici l'éternité.
Warakan
9
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