Un vent frais souffle sur le battle manga.

Avis sur Red Eyes Sword : Akame ga Kill !

Avatar Pizza
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J’ai l’impression qu’Akame ga kill! a assez mauvaise réputation en Occident, et c’est sans doute la faute à son image de battle manga « tro dark tou le monde i meur c tro adulte » que d’aucuns n’hésitent pas à véhiculer peut-être parfois même en pensant bien faire. On le prend donc pour un bête manga pour pré-ados qui essaye de se donner un genre. Pourtant Akame ga Kill! est à mon avis réellement innovant dans le genre battle manga. Et non seulement les amateurs du genre mais aussi ceux à priori réticents à ses représentants les plus classiques (Dragon Ball, Bleach, Shaman King, etc.) pourraient y trouver leur compte.

Commençons par clarifier quelques points. Oui, Akame ga Kill! est bien pour l’essentiel un battle manga et un nekketsu classique, comprenez que l’on a affaire à un héros jeune et inexpérimenté qui va évoluer petit à petit en compagnie de compagnons et de mentors, et qui va surmonter les difficultés sur son chemin grâce à sa détermination et au soutien de ses amis. Facilement les ¾ du manga consistent en des gens qui se foutent sur la gueule, le scénario tiens sur un post-it et la psychologie des personnages n’est clairement pas la priorité de l’auteur. On a aussi une équipe de héros tout ce qu’il y a de plus classique, pour ne pas dire cliché, avec une fine brune taciturne, une blonde exubérante et aux formes avantageuses, etc.
L’univers d’Akame ga kill ! est également un univers de fantasy japonais tout ce qu’il y a de plus classique, c’est-à-dire un truc un peu foutraque mélangeant allégrement samourais, zombies, snipers, chevaliers, dragons et monstres en tous genres, avec une esthétique assez douteuse. Les protagonistes rivalisent d’excentricité, de compétences bizarres et de coups spéciaux et on échappe pas aux habituels power-up et sacrifices héroïques.

Là où Akame ga Kill! est original, c’est dans son approche du conflit entre le groupe des héros et celui des antagonistes. Les héros sont les membres d’une escouade spécialisée dans l’assassinat et appartenant à l’armée révolutionnaire, qui cherche à faire tomber le pouvoir corrompu d’un empire en déliquescence. Les antagonistes sont les hautes figures de l’empire ainsi que leurs sbires, qui vont tenter de mettre à bas cette équipe d’assassins qui les menace et de réprimer l'armée révolutionnaire.

On est donc dans un contexte de guerre, et c’est là qu’Akame ga Kill! innove, car en conservant par ailleurs presque tous les autres codes du battle manga, il choisit une approche « réaliste » de la guerre, c’est-à-dire qu’il y a des gens qui y meurent.
Les héros auront beau être préparés, entraînés, posséder les meilleures armes, faire tout leur possible pour mener à bien leurs missions et en revenir vivant, il y aura toujours des pertes, inévitablement. Pas de « plot armor » qui vaille à part pour les 2 héros principaux (Tatsumi et Akame) et pour le grand méchant (Esdes) que l’on garde pour la fin. Pas de résurrection non plus, et quand un personnage se retrouve dans une situation complètement désespérée, en général il y passe.

Ça peut paraître un détail mais je trouve que ça change tout. En effet ça rajoute énormément de tension aux combats, tout simplement car on ne sait pas si notre personnage préféré, pourtant bien portant, va être encore vivant dans le tome suivant.
Ajoutez à ça qu’il y a pas mal de personnages attachants chez les méchants, et le fait que les héros passent une bonne partie de leur temps à tout faire pour ne pas rencontrer Esdes, la chef des méchants, car ils savent qu’ils vont se faire massacrer. Il y a alors tout ce qu’il faut pour créer un vrai suspens.

Ce que j’ai trouvé très intéressant dans cette approche c’est aussi que la mort d’un des personnages principaux n’est pas utilisée comme un élément pivot clé de l’intrigue comme c’est généralement le cas. Et même si chaque mort a ses conséquences, les compagnons du macchabé n’en font pas des tonnes à chaque fois, ils apprennent à prendre la mort de leurs compagnons comme un impondérable de la guerre et ils continuent à avancer.
On peut être surpris par la mort précoce et soudaine de certains « gentils » dans les premiers tomes, mais que les lecteurs se rassurent, Akame ga Kill! ne va pas jusqu’à massacrer gratuitement tout son casting comme c’est le cas dans Gantz par exemple.

Si je réfléchis à d’autres titres qui présentent une approche sans concession des combats, il y a des séries comme L’Habitant de L’infini ou Gantz qui me viennent à l’esprit, mais dans ces deux cas on est face à des œuvres qui ne s’adressent pas au même publique et que l’on ne peut pas vraiment considérer comme des battle manga.

Les combats eux-mêmes ne sont pas originaux mais sont dans le haut du panier de ce que l’on voit dans ce genre de série, dynamiques, spectaculaires et bien exécutés avec ce qu’il faut de tension et de rebondissements. Il ne s’agit aucunement d’une baston de power-up, le seul ayant le privilège des power-up étant Tatsumi, le héros principal, mais on nous l’annonce dès le départ et ça ne le rend pas infaillible pour autant.
L’auteur ne mise pas non plus sur l’esthétique mais plutôt sur la chorégraphie. Les rapports de force entre les différents personnages sont clairs et la plupart des combats se résolvent soit parce qu’il y a une nette différence de niveau entre les combattants, soit par la tactique ou la ruse.

La deuxième chose qui distingue Akame ga Kill! du reste des battle manga c’est qu’il y a un scénario (bien que très simple) et que les héros ont une vraie motivation autre que simplement buter le méchant. De plus la série évite de s’étirer inutilement en longueur, à 13 tomes sortis au Japon on sent que l’on s'approche de la conclusion.

Finalement je conseille Akame ga Kill! (tout de même) surtout aux amateurs de battle manga qui comme moi aiment le genre mais en on marre des histoires culcul et ronflantes où les gentils enchaînent des méchants de plus en plus puissant, avec comme objectif un last boss qui n’arrive jamais. Bref Akame ga Kill!, malgré ses défauts, c’est le battle manga qui arrive à sortir des carcans de ce genre si codifié, et qui ne se fout pas de la gueule de ses lecteurs. J’aime.

Et pour ceux qui auraient vu l’adaptation en anime et qui ont trouvé que c’était bien « sauf la fin », je les rassure car à mon avis tous les gros défauts de la fin de l’anime ne sont pas présents dans le manga. D’ailleurs rien de ce qu’il se passe dans les deux derniers épisodes (si je me souviens bien) n’a lieu dans le manga, qui est lui encore en cours de publication.

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