10
le 18 févr. 2025
SuivreBref. La tempête.
Bref.Quand maman est morte, tout le reste m’a semblé dérisoire. Mes projets pros. Les choses pour lesquelles je râlais. Celles sur lesquelles je m’extasiais. Mes envies. Les films. Les séries.Le...
Écrire sur une œuvre méconnue et passer inaperçu est un plaisir rare que j'apprécie à sa juste valeur. Je pousse le vice jusqu'à vous parler d'un comics australien alternatif que j'ai moi-même ajouté en wiki sur le site, et suis à ce jour le seul à avoir noté.
Je vais encore plus loin : l'ouvrage n'a pas connu de traduction, il est exclusivement disponible en anglais.
J'aimerais pouvoir dire que je vous écrit ça depuis mon fauteuil en cuir, sirotant un whisky Cadenhead's douze ans d'âge, mais même pas. J'écris ça voûté sur un fauteuil de bureau bas de gamme, en sirotant un jus d'orange un peu acide.
C'est justement ce genre de contexte qui rend Sensitive Creatures intéressant à lire : Mandy Ord y décrit sa vie sans complaisance, parvenant subtilement à dépeindre l'extraordinaire dans le quotidien. Il y a, dans son épais trait d'encre noire, la prompte vigueur d'une autrice alternative ; non pas académique mais gribouilleuse de carnets ; elle a développé un style bien personnel, qui nous fait suivre son personnage cyclope et ses autres compagnons à tête disproportionnée par rapport aux corps, à travers les étrangetés d'un parcours de routine.
Balançant de manière équilibrée entre cocasserie et détresse mélancolique, Mandy provoque l'empathie, et si son dessin peut sembler maladroit, il n'en est que plus attachant.
La vie urbaine, la connexion d'un être humain aux comics sont à l'honneur, mais ce qui fait pétiller les pages sont ces moments où, brisant sa carapace, Mandy se dévoile, nous laissant accéder à ses sentiments, ses angoisses et ses égarements.
Je ne sais pas si mes lignes seront utiles. Le pire c'est que cette BD n'est certainement pas primordiale, vous pourrez vivre sans. Ce n'est pas comme si je vous vendais un chef-d’œuvre injustement ignoré, non. Mais Sensitive Creatures n'est pas dénué d'intérêt, loin de là. Car il est empreint de spontanéité, d'élan artistique artisanal, et nous offre l'émouvante tranche de vie d'une -par procuration nous tous- créature sensible.
Créée
le 7 oct. 2015
Critique lue 147 fois
10
le 18 févr. 2025
SuivreBref.Quand maman est morte, tout le reste m’a semblé dérisoire. Mes projets pros. Les choses pour lesquelles je râlais. Celles sur lesquelles je m’extasiais. Mes envies. Les films. Les séries.Le...
4
le 15 nov. 2014
SuivreChers lecteurs, chères lectrices, Avant d'entamer cette liste aussi disgracieuse que désobligeante, je tiens à préciser que je n'ai rien contre Nolan, au contraire. Avant de m'envoyer des menaces de...
8
le 7 févr. 2015
SuivreEdit: Notez la subtilité du titre, que tout le monde n'a pas remarqué, apparemment. Chère lectrice, cher lecteur, si tu n'as pas vu Seven, je te déconseille de lire ce qui va suivre. Ce film mérite...