Première oeuvre de Léopold Prudon, Shanghai chagrin est une promenade mélancolique dans les rue de Shanghai suite au décès du père de l’auteur. Différents poèmes et bribes de conversations se suivent tandis que nous sommes plongés dans cette mégalopole.
« Ce pays, je ne sais rien de lui. Mon pays, je le connais si bien que j’en suis écoeuré. »
Je trouve que l’auteur réussit vraiment bien à transcrire ce besoin de vagabonder dans une nouvelle ville si lointaine et si étrangère. Observer les grands bâtiments, quartier par quartier, tendre l’oreille et assister à différentes tranches de vie. L’envie d’aller toujours plus loin dans la ville et la voir sous tout ses recoins. Et Shanghai s’y prête si bien ! On est transporté entre les buildings à l’architecture moderne et les vieilles habitations, plus petites et délabrées.
Pour être très honnête, bien que certains dialogues fonctionnent bien dans cette balade chinoise, on a quand même l’impression d’assister à un oeuvre de la nouvelle vague avec parfois quelques dialogues un peu trop expérimentaux pour être pris au sérieux.
Mais les dessins sont très jolis, j’aime le niveau de détails auquel l’auteur s’applique, les fenêtres des buildings soigneusement dessinées, sa bibliothèque aux milles bricoles, et la vie dans les rues.
Shanghai chagrin est une oeuvre à lire d’une traite pour voyager depuis chez soi.