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Solanin, tome 1 par ZongZong

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Après avoir connu plaisir et déception avec Bonne nuit Punpun, sous la pression sociale, je cède : je décide de lire le manga 3 fois Acadamy Owarded qui valut à Inio Asano ses lettres de noblesse, Solanin.

Malgré ses qualités évidentes, une fois mis en bouche, Solanin a quand même cet arrière-goût amer comparable au cinéma indépendant. Rien que dans le pitch, tout y est : des personnages marginaux, à la vie simple mais compliquée, en pleine crise existentielle, qui vont être confrontés à un drame... Ici, Asano sort ses plus beaux couverts et nous gratifie de son magic trick le plus cheap : la mort d'un des proches du héros.

Alors, qu'on le voit arriver à des kilomètres passe encore mais s'il y a bien un tue-l'émotion c'est les belles morts. Les personnages sont là, raides, mais très peu de sang, ils sourient, "le visage serein, tranquilles comme des vaches sacrées". Ce passage tire-larme fait partie des nombreux raccourcis scénaristiques un peu faciles qu'aiment emprunter Asano (le coup du j'ai trouvé un être à protéger, le futur-décédé qui décide de changer sa vie juste avant de faire un accident...) et qui n'aident pas à encrer l'histoire dans une certaine réalité.

Heureusement, après une première partie lourde nous présentant des personnages intéressants mais un poil trop hésitants (notamment le couple Taneda/Meiko), la cassure de fin de tome marque une sorte de prise de conscience, sorte de déclic qui fait qu'ils savent maintenant faire la part des choses et définir leur priorité. Merci la mort pour tes bienfaits cathartiques. L'histoire prend une tournure plus mélancolique, plus encourageante et fait un peu de place à un des principaux thèmes de Solanin, la musique.

C'est donc près avoir ri et pleuré que notre entraînement touche enfin à sa fin. On a surmonté l'épreuve, non pas parce que la lecture s'avère désagréable mais plutôt parce que Solanin fait office de manga-étape : on le lit à la sortie du lycée, des rêves et des questions pleins la tête et il nous permet le temps d'un instant de monter dans l'embarcation "et si" . Véritable hymne à la jeunesse (et en moindre mesure) à l'anarchie, sans enfermer la jeunesse dans des rêves de rock star, en évitant les pièges du We are the world, we are the children, il fait aussi la liaison entre le passage du shonen au seinen. Finie la fiction, place à la réalité; une réalité moins idyllique, plus paisible et plus dure à la fois : Valant la peine d'être vécue au maximum pour certains, plus chiante pour d'autres, c'est selon.

(Lisez Adachi, c'est mieux)

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