Les X-Men rapportés du passé traînent toujours à notre époque, et les voilà décidés à jouer les super-héros à travers le monde et à vivre leur vie d'ados, bien loin des menaces des brumes tératogènes, du M-Pox, ou de toute scolarité (parce qu'à leur âge, ils devraient aller au lycée les gars plutôt que de glander toute la journée).
On retrouve donc Cyclops, Beast, Iceman, Angel et X-23 (désormais Wolverine), avec en plus Kid Apocalypse et Idie, pendant que Jean Grey est parti vivre ses aventures avec d'autres X-Men, ce qui n'est pas un mal parce qu'elle avait un peu tendance à focaliser l'attention sur elle dans la série de Bendis. Là Hopeless essaye vraiment de développer équitablement tous les persos, qui ont chacuns leurs troubles et un moment de l'intrigue qui leur est consacré, à part pour Kid Apocalypse qui aura certainement son focus dans le tome 2.
Donc on a dans ce tome deux petits arcs en trois numéros, pas forcément ultra ambitieux, plus focalisé sur le développement des persos, et dans l'ensemble plutôt agréable à lire. Il faut dire que Hopeless tient plutôt bien ses persos, même si il insiste parfois un peu trop sur certains points pour bien montrer qu'il est en train de faire de la caractérisation. Ça mériterait d'être géré de manière plus fluide et légère, car là ça rend parfois les protagonistes ou la lecture un peu lourde, mais c'est pas non plus écrit avec les pieds.
L'intrigue avec les Ghosts of Cyclops à l'intérêt de proposer des adversaires intéressants dans leur mentalité, malgré leurs designs merdiques. Ils ont beau être extrémistes dans leurs idées, ça reste des ados un peu perdu, et la fin de l'arc est bien trouvée à ce niveau là. La seconde histoire face au Blob est par contre un peu plus fade, puisque le vilain est vraiment unidimensionnel et ne présente qu'un challenge physique. Heureusement que Hopeless met la dose en parallèle sur les intrigues personnelles des héros, parce que sinon ce serait vraiment sans intérêt.
Côtés dessins, on retrouve ce bon vieux Mark Bagley qui reste fidèle à son style. C'est dans l'ensemble très solide, mais c'est pas ce que vous verrez de plus beau dans votre vie. Toutefois il n'y a aucune case vraiment moche non plus et il est vraiment bien mis en valeur par la colo de Nolan Woodard (décidément coloriste attitré des séries mutantes) qui propose de bonnes ambiances, assez pop, lumineuses et colorées, qui conviennent très bien au ton de la série.
Donc voilà, comme les autres séries X-Men de ce relaunch 2015, c'est pas dingue, mais c'est tout à fait honnête et c'est peut-être ma série préférée des trois.