Dès le début, Luke passe pour un touriste un peu bêta : aucune préparation apparente ni physique ni dans l’étude du sentier. Il dit même ne pas avoir pensé à regarder les dénivelés ce qui donne l’impression qu’il part presque à l’aveugle.
Pourtant, plus tard, le récit semble se contredire : il explique avoir beaucoup lu, planifié, s’être documenté pendant longtemps avec des livres qui envahissaient ses étagères. Ces deux discours ont du mal à cohabiter et cette incohérence m’a vraiment gêné.
Je ne remets absolument pas l’exploit en cause. Il fait preuve d’une sacrée force mentale et physique pour aller au bout de cette aventure, et c’est impressionnant. Pourtant, malgré cela, Luke m’a souvent paru antipathique. Pas forcément volontairement mais ça m’a empêché de m’attacher pleinement à lui.
Graphiquement j’ai eu beaucoup de mal. Les passages littéraires sont intéressants, parfois touchants, mais les dessins je les ai trouvés franchement moches. Les couleurs sont confuses, on ne distingue pas toujours ce qui est de l’eau, de la terre ou autre, et les cadres manquent de lisibilité. Pour un récit de randonnée, où l’espace et le paysage sont essentiels, c’est vraiment gênant et cela nuit clairement à l’immersion.
Le récit devient parfois long. Malgré quelques bons passages, quelques bons personnages et certains questionnements pertinents je n'ai pas toujours été passionné. Je n’ai pas toujours compris où Luke voulait en venir, ni ce qu’il a réellement retiré de cette expérience. La finalité reste floue...
Au final, Americana reste un récit honnête, avec de vraies qualités mais aussi de réelles limites. Un exploit humain indéniable, qui m’a intéressé par moments, mais qui ne m’a jamais totalement embarqué, ni graphiquement ni émotionnellement.