Cet élégant petit ouvrage dessine d'un trait leste et aéré, la solitude d'un être, le pitch science-fictionnel n'étant finalement ici utilisé que comme un véhicule métaphorique, celui d'une existence toujours plus cadenassée. Belle trouvaille, déjà, que ces grandes lunettes blanches qui rendent opaques l'expression des sentiments intérieur de Nova, l'astronaute qui, avant de partir définitivement en mission spatiale, passe une dernière soirée avec trois vieux amis perdues de vue.
Avec son découpage simple mais cinématographique, attaché aux gestes sensibles, ceux d'une mère au foyer grassouillette un peu épuisée, ceux d'un universitaire harponné à son père mourant sous perfusion et, enfin, ceux d'une drag queen qui vivote sous le mascara. Sensible sans être pathogène, caustique sans oublier la tendresse, Astra Nova s'avère finalement plus finaud que ses pendants cinématographiques récents (Ad Astra, Proxyma, Interstellar) dans sa manière de conjuguer conquête spatiale et exploration de son moi intérieur. La description de l'attirail mécanique du vaisseau laudatif cadrant toujours plus serré sur une plante s'épanouissant ou des fourmis à l’œuvre est d'une habileté redoutable pour s'émerveiller des micro-merveilles de la nature plutôt que de toujours aller chercher dans une perpétuelle fuite en avant le macro-spectaculaire.