Après le tome 9, j’étais restée sur une vraie frustration face à l’inaction de Legoshi concernant le meurtrier de Tem, et ce tome ne dissipe pas totalement ce malaise. Ses motivations restent floues : cherche-t-il à se punir lui-même, à ne pas creuser davantage le fossé entre herbivores et carnivores, ou à se prouver qu’il est différent de l’assassin ? Cette ambiguïté le rend presque prisonnier de ses choix, comme un lion en cage, incapable d’avancer sans se déchirer intérieurement.
La colocation est d’ailleurs particulièrement tendue. Legoshi doit lutter contre ses pulsions, et cette cohabitation devient un terrain instable où la violence semble toujours prête à surgir. La troupe de théâtre ressent cette tension, sans en comprendre l’origine, ce qui renforce le malaise ambiant.
Le retour de Haru apporte une respiration bienvenue. Sa relation avec Legoshi évolue doucement, avec maladresse et tendresse, même si l’ombre de Louis plane encore. Louis, justement, poursuit son ascension à la tête du gang des lions, s’éloignant définitivement de Cherryton. À travers lui, la série explore encore les limites de la tolérance entre espèces.
Ce tome fait avancer les pions lentement, peut-être trop, mais on sent clairement qu’un tournant se prépare. L’attente est frustrante, mais terriblement efficace.
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