« T’es qu’un débile ! »

Elf Helm, c’est fini. Place à un nouvel arc, « l’exil en Orient » qui fleure bon son imaginaire de voyage. Sauf que dans Berserk, on remballe son orientalisme : la croisière ne s’amuse pas mais se fait arraisonner et l’Orient vous accueille en vous promettant cellule et enrôlement dans l’armée, tandis que les mages du coin vous emmènent pour une promenade sans retour. L’heure est à la guerre, pas aux visites guidées de lieux pittoresques. C’est sûr que Falconia est plus accueillante…


De ce début de séjour forcé ressort l’effondrement de Guts. Trahi (?) par sa seule amie, au bout du rouleau, personne n’est là pour lui apporter un quelconque soutien (cf. le propos d’Isidro placé en titre de ce bref avis). Le guerrier noir a sauvé les miches de pas mal de monde mais il est devenu le h de Hawaï : il ne sert à rien. La compassion n’étant pas le point fort de cet univers on peut comprendre le besoin de faire toucher le fond au personnage (il faut tomber pour mieux se relever), même si c’est un (nouveau) traitement de choc auquel il a droit. Comme un individu que l’on vire à coups de pieds sans se préoccuper de sa reconversion.


Si l’intrigue avance quand même plus vite que précédemment deux points sont à noter : autant les moments où les personnages sont immobiles ou presque « passent » bien, autant les scènes d’action ne sont pas toujours bien lisibles ni agencées. On comprend alors pourquoi elles sont rapidement expédiées même si c’est quand même dommage de voir des combats résumés en quelques cases. Idem pour les intrigues de cour. La magie (noire) de la dark fantasy se perd un peu et l’on s’inquiète au vu des batailles à venir avec les effectifs disponibles de part et d’autre. La 4e grande guerre des ninjas de Naruto est encore dans certains esprits… Du reste, Kouji Mori insiste en postface sur le fait qu’il est impossible de donner à ce manga une suite fidèle à celle voulue par Miura. On ne pourra que louer cette honnêteté. Et poser et reposer encore la question de savoir si une œuvre doit être poursuivie quand son auteur n’est plus. Sous cet angle, Berserk n’est pas Tintin et, malgré tout, il demeure au fond de soi une braise qui entretient une curiosité : celle de connaître la fin de ce (grand) manga.

Anvil
6
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le 1 juil. 2026

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4

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