Oeuvre culte de l'Underground Américain issue de l'imaginaire torturé de Charles Burns (contemporain de Robert Crumb et Art Spiegelman), « Black hole » est un trip sous acide, hallucinatoire et psychédélique ; au rythme lancinant, à l'atmosphère sombre, assez glauque et vaguement inquiétante. L'auteur y dresse le portrait d'une jeunesse oisive et un peu paumée, en proie avec une mystérieuse MST (la Crève) procurant diverses mutations mais qui, étrangement, ne les inquiète pas plus que cela. Avec un dessin en clair-obscur abusant outrageusement des gros plans sont représentés des visages assez fermés, peu expressifs. Les héros semblent résignés, comme s'ils subissaient leur destin. Dès lors, la maladie peut être vue comme la métamorphose liée à l'adolescence, le passage à l'âge adulte. Il ne se passe donc au final pas grand-chose, de nombreuses questions initiales restant sans réponses et l'artiste préférant prolonger le récit via des personnages secondaires.